Séduire une personne, cest la sommer de rompre avec sa destinée (une vie dépouse et de mère de famille, une vie de consommateur raisonnable, etc. ), et ainsi lui enjoindre de ne plus être le sujet constitué par assujettissement au savoir dont elle relève ce sujet que nimporte qui aurait été à sa place. La séduction est le passage de lassujettissement au savoir qui définit nimporte quel sujet à lassujettissement à lobjet, dont la contingence a forcément comme effet de libérer dudit savoir et donc aussi de la position danonymat qui lui est inhérente. « Change ta vie », cela signifie donc indistinctement « arrête davoir des excuses » et « arrête dêtre nimporte qui ». En ce sens la distinction est lenjeu même de la séduction. Donnons la formule : séduire, cest mettre lautre au pied du mur de sa distinction. Consentir à être séduit (ce qui est proprement être séduit), cela consistera donc à cesser dêtre commun.
Et cest très exactement cela qui est séduisant dans la séduction en général : dun certain objet, si lon consent à son injonction, on tiendrait de nêtre plus commun, et par conséquent on comprendra quon ne lavait jamais été car seul celui qui nest pas vraiment commun peut advenir à la distinction. Le séduisant de la séduction, donc, cest quon réalise navoir jamais été vraiment quelquun de commun, là même où on a une infinité de preuves du contraire ! On était distingué sans le savoir, en somme, et la rencontre de lobjet permet de sapproprier cette vérité.
Toute la publicité tient dans cette idée, quand on se place du point de vue du consommateur et dans sa manipulation plus ou moins réfléchie quand on se place du point de vue de lannonceur : la réalité de telle mère de famille a toujours été dêtre une ménagère, mais sa vérité était dêtre une fée, celle de lemployé dêtre un « conquérant », etc., sauf quils ne le savaient pas jusquici, cest-à-dire jusquà ce quils comprennent quil leur fallait acheter le nouveau liquide vaisselle, la nouvelle voiture, ou autre chose. La séduction proprement dit est la reconnaissance de cette nécessité, laquelle nest rien dautre, subjectivée, que la distinction de la réalité et de la vérité des êtres dont, avant la rencontre de lobjet, ils ne pouvaient avoir lidée. Lobjet les fait accéder à une vérité qui était en lui mais dont ils reconnaissent quelle était la leur depuis toujours, et cest de cela quils lui sont si reconnaissants. Car lobjet quon achète sans en avoir besoin, on lui sait gré de révéler, par la séduction quil a exercée sur nous, que nous navons jamais été nimporte qui bien que nous ayons infiniment de preuves du contraire et que, dans le cas de la publicité, des millions dautres consommateurs aient la même impression au même instant. Séduire, cest distinguer donc révéler une distinction antérieure, en sommant lautre den assumer la responsabilité, de ne pas se défiler devant elle. Séduire, en ce sens, cest sommer lautre de ne plus être commun, lui enjoindre dêtre enfin vrai sous peine de trahison de soi. Tout se passe donc comme sil y avait une sorte de chantage : tu ne vas pas, au nom de ton savoir cest-à-dire de ton bien, bafouer ta vérité, tout de même ! (En quoi séduire est bien tout le contraire de plaire où il sagir dassurer à lautre le service de son bien jusquà lui donner lidée quon va le combler.)
Mais parce que la question de la séduction est celle dune reconnaissance et que ce terme désigne la responsabilité quon prend de quelque chose, il faut dire que ce qui eût été un chantage dun point de vue extérieur est toujours déjà devenu une obligation de soi, quon découvre être la sienne propre dans linstant où lon prend sur soi que lobjet séduise. Car prendre sur soi quil séduise (consentir à être séduit), cest faire sienne une vérité quon aperçoit forcément en lui, cette vérité qui interdit au savoir de compter et par laquelle, dès lors, on se trouve sans excuse (ni, avons-nous vu, possibilité dêtre pardonné). Telle est, reconnue dans lobjet, la question du sujet qui est celle dêtre sujet de cette vérité donc de cette interdiction.
Disant cela, on désigne la nécessité éthique toujours déjà assumée dans la reconnaissance de lobjet (dans le consentement) et qui soppose expressément à la nécessité morale qui, elle, interdit dapercevoir dans lobjet une « vérité » (en loccurrence lautonomie propre à nimporte quel sujet représenté comme tel) quon se figurerait donc être en soi-même sous la forme dun savoir (la fameuse présence de la loi morale en nous pointée par Kant). Léthique est toujours assujettissement à ce qui compte, cest-à-dire à lobjet qui nous rend sujet, alors que la morale en est au contraire lexclusion, puisquune action est dautant meilleure quelle est plus désintéressée et donc moins liée à lobjet. Dans léthique, cest lobjet qui compte alors que dans la morale cest le savoir et donc, pour soi, le statut de sujet représenté. Doù cette évidence que pour le sujet quon est (la première personne) sa propre question (celle dêtre sujet) se trouve dans lobjet, alors que pour celui quon se représente (la troisième : nimporte quel sujet) sa question (être un sujet) se trouve dans le savoir donc dans sa représentation. La séduction est le détournement de cette nécessité-ci vers celle-là. Dire quon est mis au pied de son propre mur, cest dire que par lobjet et par lui seulement on advient au statut de première personne alors quavant la rencontre, cest-à-dire quand le savoir comptait, on nétait que son corrélat danonymat. De fait, le propre du savoir est de valoir pour nimporte qui, autrement dit dinstituer comme « nimporte qui » le sujet pour qui il vaut. Il ny a donc jamais déthique que sans le savoir, et cest dailleurs la raison qui la fait résider exclusivement dans notre sensibilité et jamais dans notre réflexion, domaine de la morale.
Chacun connaît la différence : le domaine de léthique est celui de notre rapport à la question dêtre sujet, qui est la nôtre en tant quon nest sujet quà être sujet dêtre sujet ; alors que le domaine de la morale est au contraire celui de notre rapport à la représentation dêtre sujet ou, si lon préfère, à la règle qui dit ce que cest quêtre un sujet. Rien là que de très évident, et on peut le traduire en définissant la morale comme lensemble des nécessités pratiques inhérentes à la troisième personne , par opposition à léthique dont le sujet ne sentend quen première personne, cest-à-dire quen exclusivité à sa représentation. Une bonne action est ainsi laction dont le sujet soit nimporte qui, autrement dit dont le sujet qui ne diffère pas de sa représentation. Bafouer la morale, par exemple en mentant ou en fraudant, cest donc exclure quon puisse se représenter quon a été sujet de laction quon a faite, alors même que cest reconnaître, dans la culpabilité, quon en a été sujet. A toute mise en cause en répondra donc en invoquant autre chose, nimporte quoi ou nimporte qui, sauf soi-même : si jai fraudé, par exemple, cest parce que le loi fiscale est injuste et de toute façon les autres fraudent bien davantage. La morale pose pour soi la représentabilité dêtre sujet, identifiant ses lois à celles de la possibilité, pour un sujet qui se représente lui-même comme sujet, dêtre expressément représenté. Doù le caractère tautologique de la morale, traduit par son statut de nécessité catégorique : « le devoir, cest le devoir ! ». Autrement dit : agir moralement, cest agir uniquement par respect pour la nécessité dagir moralement. Cela se concrétisera pour nimporte quel sujet pris dans la nécessité dêtre nimporte qui par luniversalité de la maxime de son action, par la nécessité que lobjet de celle-ci soit valable en lui-même et non par autre chose (ce qui ne peut donc concerner quun sujet représentable comme tel : une personne), par limpossibilité daccepter que les lois viennent de lextérieur (pas question daccepter dêtre un moyen pour que la représentabilité en général sactualise) et, matériellement, par la promotion dun « règne des fins » où se dise simplement que les sujets de la représentation ont à réaliser la réciprocité impliquée dans la nécessité pour les sujets de la représentation davoir des sujets représentables pour objets. Cela, que Kant a présenté systématiquement, tout le monde la toujours su, quelles que soient par ailleurs les variations axiologiques inhérentes à la diversité des identités et en général des cultures[1]. Cest que la question de chacun, quand il réfléchit (par opposition à celle quil découvrira dans lobjet), est forcément celle de la possibilité quil soit représenté comme sujet de ce quil fait, puisque la question du sujet en général est celle dêtre sujet. Bref, toute la morale se ramène à la tautologie de la représentation, au sens où il faut et il suffit que le sujet de la représentation soit le sujet de la représentation ! Léthique au contraire est inconnue du sujet qui la vit, quand il applique sa réflexion à sa sensibilité ou à son parcours effectif, comme un symptôme : lordre de son étrangeté radicale et définitive à lui-même.
Aussi voit-on que
toute morale, dont lessence est ainsi quelle soit commune, repose sur une
éthique qui, elle, se révèlera navoir jamais pu lêtre. En langage
classique, on parlera de lopposition de la liberté et du libre-arbitre. Très
concrètement, il faut comprendre le libre arbitre comme la responsabilité ou la
désinvolture du sujet par rapport à la nécessité quil soit représentable comme
sujet. La liberté qui est inhérente au sujet (sinon ce ne serait pas un sujet)
soppose ainsi au libre arbitre, comme le sujet représentable et donc commun
soppose au sujet distingué : il y a la liberté de tout sujet et donc en ce
sens du sujet commun, et dautre part il y a le libre arbitre dans son rapport à la
liberté qui, lui, ne peut pas caractériser le sujet commun. Lobjet qui séduit a
causé cette antériorité, puisquil ne distingue quun sujet qui na pu
lêtre que parce quil létait déjà. Ce qui nous séduit en appelle à
une vérité qui était la nôtre depuis toujours mais que nous découvrons
seulement comme son autorité, cest-à-dire comme la cause de notre
responsabilité (par lobjet, nous sommes au pied du mur).
Cette distinction opérée par lobjet institue léthique dans le sujet de la représentation en retournant en quelque sorte la relation qui se trouve impliquée dans la notion de sujet, et quon explicite en disant quon est forcément sujet dêtre un sujet, ou encore en disant quon nest sujet quà la condition de nêtre pas nimporte quel sujet. Car idéalement, léthique est première sur la morale, puisquêtre moral ou immoral est par définition une alternative qui ne peut pas elle-même être morale, autrement dit ramenée à la nécessité représentative : le « libre-arbitre » au sens classique est la détermination comme responsabilité ou désinvolture de notre rapport à la morale. Mais en réalité cest linverse, puisque le savoir est dabord ce qui compte. La première personne adviendra donc à elle-même là très exactement où le savoir cessera de compter : dans la rencontre du contingent, qui sera donc le moment de son assujettissement à lobjet. Le sujet se rencontre lui-même dans lobjet et surtout pas dans on ne sait quelle intériorité ou singularité dont la nature laurait doté : lidentité du sujet, cest lobjet et non pas lui-même.
Dans la
rencontre, cest-à-dire dans lépreuve que le savoir ne compte pas,
lobjet décide (il « compte ») cest-à-dire quil
assujettit. Et assujettir, cela signifie simplement produire comme sujet (car
compter, cest toujours marquer et par là instituer comme distingué). On reçoit de
lobjet sa condition de sujet en première personne. Bref cest de la
séduction que nous naissons et cette naissance est en même temps celle de
léthique dans sa distinction davec la nécessité représentative. Disons la
même chose autrement : cest parce que lobjet est lidentité du
sujet que la séduction est la source de léthique dans sa distinction davec
la morale.
Il sera facile de convaincre le lecteur de cette vérité en lui rappelant que nous naissons tous dune séduction, si ce terme désigne bien une présentation de la vraie vie que nous serions sommés de nous décider à mener, opposée à celle de la vie réelle dans laquelle nous sommes déjà engagés. Donnons largument matériel : nous vivions, et nous avons été séduits par un ordre qui nétait pas du tout la vie, un ordre pour lequel il a fallu renoncer à vivre, mais en quoi il était impossible de ne pas reconnaître la « vraie » vie, et qui est le langage. De la vie au langage, la perte a été totale : perte dexistence, puisque nous étions un corps et que maintenant nous en avons un ! Mais vie de sujet, donc : « vraie » vie, on nous laccordera, par rapport au vivant que nous étions avant de consentir à entrer dans lordre humain, dont chaque parole à nous adressée était une séduction, une sommation à lintégrer. Car loriginel de lhumain est bien là : les paroles à nous adressées quand nous ne parlions pas encore nous ont littéralement séduits.
Cet exemple de séduction est paradigmatique de bien des manières. Sa prégnance et sa primauté ne doivent cependant pas nous faire oublier le caractère multiple et surtout fractal de notre notion : ce qui vaut ici vaut dans une multitude de domaines et à une multitude de niveaux, qui sont autant de niveaux de « subjectivation », si lon convient de nommer ainsi le devenir dun sujet, dont un objet soit la cause. Cela signifie aussi que la distinction de la morale et de léthique dont on vient dindiquer le principe nest pas un simple événement mais toujours en même temps une structure, et quon peut la retrouver, certes autrement dénommée, en toute occurrence de séduction, à quelque niveau quon la considère. Le sujet de la publicité, pour prendre le moins sublime des domaines, est ainsi le sujet dune éthique, même si ce terme paraît choquant par exemple celle, révélée à linstant où laffiche est aperçue dans la rue, de ne pas être à sa vraie place quand on est à sa place : on a une destinée demployé de bureau, mais elle nest comme telle que le refoulement, cest-à-dire la substitution métaphorique, dun destin de conquérant ! Et léthique dont il sagit, qui sépare à jamais notre brave sujet de ses semblables et de lui-même, cest davoir la métaphore et non le savoir pour existence.
Telle est la forme en général de léthique, telle quelle apparaît non pas dans son occasion mais bien dans sa cause, qui est la séduction. Et certes, si séduire cest détourner, cest forcément aussi substituer. Le principe de cette substitution est claire : le vrai est substitué au réel, et cette substitution est expressément dite par le réflexif de la décision. Se décider, par opposition à décider ceci ou cela, renvoie bien à la prise de responsabilité dêtre sujet puisquil ny a pas de différence entre prendre une responsabilité et décider. Se décider à propos de quelque chose en général, cest donc prendre sur soi non pas tant cette chose que la responsabilité quon a de cette chose être sujet dêtre suet, en somme. Telle est la sommation quon trouve dans la prosopopée de ce qui séduit. Dans lobjet qui le met au pied du mur dêtre sujet de la responsabilité qui le définit comme sujet et dont le consentement à la séduction consistera à donc à reconnaître lautorité le sujet trouve la cause de sa responsabilité. Cette cause, puisquil est par là même institué en responsable de cette responsabilité même, il en fait vraiment une cause. Pour cette raison seconde, et donc aussi rétrospectivement originelle, lobjet sera dit vrai et pas simplement réel. La séduction est ce mouvement.
Comme séduit or on lest de toute façon toujours le sujet a donc cette substitution du vrai au réel pour existence. Dire cela, cest rappeler que son identité est lobjet (Proust : la littérature) dès lors quon ne parle pas dun autre sujet que lobjet aurait institué en influençant le sujet quon était déjà, mais bien du même. Etre sujet, cest donc indistinctement être responsable de soi quant à être sujet, et être responsable du devenir vrai du réel. Cette indistinction distingue le fait dêtre un sujet (une excuse métaphysique et donc originellement lidentité de lexistence et de lexcuse) de la prise de responsabilité dêtre le sujet quon est, en quoi consiste dêtre sujet. La question dêtre vraiment soi, dès lors que lobjet est lidentité du sujet, est ainsi celle une radicale et définitive étrangeté à soi : cest dans lautorité de lobjet que le sujet prend la responsabilité dêtre sujet et cela sappelle sautoriser de soi-même, le paradoxe du soi étant quil est toujours là où on ne peut pas se représenter quil est, là où est récusée la notion réflexive de lautonomie subjective. Séduction, donc.
Quand on la considère du point de vue du sujet cest-à-dire du point de vue du consentement à être causé comme sujet, la question de la séduction nest pas celle de décider de mener une vie qui soit enfin vraie, parce qualors la vérité serait identifiée à un bien mais, parce que lalternative radicale est celle du bien et du vrai, de se décider à prendre enfin sa responsabilité dêtre sujet. La prosopopée de lobjet est parfaitement claire : non pas « Sois responsable ! » qui renverrait alors au bien le plus préférable (celui que choisirait le sage, idéalement) mais au contraire « Prends ta responsabilité !», qui délaisse la question commune du bien préférable, si lon peut dire, pour insister sur celle de lautorité de lobjet, cause de la responsabilité du sujet. Et certes, lobjet qui simpose hors des raisons que nimporte qui comprendrait met le sujet au pied du mur : de le tenir pour quelque chose ou de ne tenir pour rien. Lalternative dêtre ou de ne pas être pour lobjet étranger au savoir est ainsi alternative pour la vérité : quelle soit distinguée (si lobjet est reconnu) ou confondue (dans le cas contraire) avec le savoir ce dont, forcément, le sujet aura pris la responsabilité. Si la vérité est confondue avec le savoir, alors le sujet nest que lhabituel sujet de la représentation : la dimension subjective du principe métaphysique originel qui pose que « rien nest sans raison » ; par contre si elle en est distinguée, alors la question du sujet ne sera plus celle du savoir dont il relève a priori dans les excuses auxquelles on peut ramener tout ce qui le concerne (puisquen dautres circonstances il eût forcément été différent), ni a posteriori dans le pardon qui pourra éventuellement lui être accordé et qui, sil est une grâce cest-à-dire une indifférence aux raisons, nen est pas moins encore un appel au savoir (« je sais que tu ne te réduis pas à ce que tu as fait »). La contingence de lobjet, donc, cest pour le sujet une responsabilité dont le principe soit dêtre « sans excuse ni pardon ». (Inversement cest le même de toujours chercher des excuse et despérer être pardonné et de nier cette contingence.)
La sommation
adressée au sujet, en tant quelle est réflexive et non pas transitive
(« Décide toi ! » et non pas « Décide de vivre autrement !») est
lenvers subjectif de cette contingence. La prosopopée de lobjet le marque
pour ainsi dire expressément, puisque linjonction à se décider nest jamais
indépendante dune autre qui porte sur les raisons, et donc sur lattitude
réflexive : « arrête de réfléchir ! », « arrête de
chercher des raisons ! ». Car si la séduction est détournement, cest
avant tout détournement du savoir (lobjet de la rencontre se définit avant tout
par sa contingence) et donc, pour soi, de lattitude réflexive : au premier
trait qui pointe limpossibilité que le savoir égale jamais la vérité correspond
pour le second limpossibilité quêtre vraiment soi puisse consister à
lêtre réflexivement (consciemment, lucidement, etc.). Et certes, la lucidité est
la qualité des maîtres termes qui désigne précisément lidentification
absolue dun sujet à une place, cest-à-dire labsolue insignifiance
personnelle (à la place den face, celui qui est le maître serait lesclave).
La lucidité est une belle qualité, mais cest une qualité danonyme
indéfiniment voué à la médiocrité puisquon nest vraiment soi que sans
le savoir et quêtre soi en le sachant, ce qui définit lattitude
réflexive, revient très exactement à être nimporte qui (réfléchir, par exemple
à une question de mathématiques, cest bien entreprendre de penser ce que
nimporte qui et non pas nous penserait). Cest que
lidentité du sujet nest pas la place quil occupe et qui peut changer à
tout instant, mais lobjet : la première fait de lui une insignifiance
(nimporte quel sujet à la place de nimporte quel autre serait cet
autre, le modèle en étant linterchangeabilité du maître et de lesclave)
alors que le second fait au contraire du sujet lauteur de sa responsabilité,
puisque là où le savoir (ni donc les places) ne comptait pas, il sest décidé.
Lalternative de la vie commune et de la « vraie » vie, ou vie
distinguée delle-même par son redoublement de responsabilité, est donc celle de
la désinvolture et de la responsabilité dêtre responsable, puisque décider
consiste à prendre une responsabilité, et que se décider consiste à prendre sur
soi quon ait à se décider.
Quand on parle de la séduction on parle de la rencontre, et quand on parle de la rencontre on dit la contingence de lobjet dont on peut pointer lenvers subjectif comme la nécessité, pour le sujet, quil prenne sur lui que lobjet soit lobjet. Précisément : il na pas de raisons de le faire ! Si donc cest par la décision à propos de lui-même (« se décider ») que le sujet reçoit la sommation à être sujet (on a dit dès le début que la séduction était une complicité), alors il faut reconnaître que ce qui est en cause dans lobjet, pour le sujet, ce nest pas sa liberté quon peut confondre avec le fait dêtre un sujet, mais la liberté pour lui dêtre libre : sa responsabilité dêtre un sujet ! Cela se traduit dans lobjet par le paradoxe de la séduction comme nécessité immémoriale (cette inconnue dont on vient de croiser le regard, on attendait depuis toujours de la rencontrer) ou, pour dire la même chose en termes subjectif, par linjonction dêtre enfin soi, celui dont on ne savait pas quon avait à lêtre depuis toujours. Cest que lobjet contingent surgit de son antériorité au savoir (après coup, on peut toujours établir la nécessité de nimporte quel événement) ; de sorte que cest depuis ce lieu dimpossibilité quil interpelle le sujet, faisant apparaître sa responsabilité de sujet comme antérieure à toute éventualité quil se la représente ! En cette injonction à être enfin sujet le sujet est donc concerné comme ayant depuis toujours été sujet de sa vie, même réflexive, en antériorité de quoi il se trouve par là même situé. Mais sa vie est bien celle dun sujet, donc une liberté en acte. Doù la nécessité de distinguer entre la liberté propre à tout sujet, et une responsabilité de sujet antérieure quil faut donc nommer liberté dêtre libre.
La liberté
proprement dite comprend toujours une dimension réflexive puisquelle est par
définition la liberté dun sujet, réalité intrinsèquement réflexive, et surtout
quelle a pour lois les lois mêmes de la représentabilité (la morale). La liberté
dêtre libre, par contre, est parfaitement étrangère au savoir du sujet (et donc
forcément à la morale, bien quon puisse toujours réinterpréter moralement cette
étrangeté déterminante en lappelant « libre arbitre ») : ce
nest pas un étage supplémentaire dune liberté qui pourrait en comprendre
une infinité dautres mais le statut advenu dans la séduction du sujet que
sa liberté, précisément, soit son « affaire ». A la simple notion de
responsabilité qui est indéfiniment réflexive au sens où la responsabilité
dêtre responsable peut indéfiniment être reportée, soppose donc la
séduction comme événement dont la notion est au contraire celle du pur fait et,
pour le sujet, de sa mise effective au pied de son propre mur. Si la séduction
nétait pas un événement mais seulement une structure (elle serait
lalternative du vrai et du bien quon retrouverait toujours et partout), rien
ne permettrait darrêter lindéfinie reprise réflexive de la liberté par
elle-même qui, dans les fait, ne serait donc absolument rien. On nest libre
(être un sujet) quà la condition quen cela consiste notre liberté (être
sujet), mais cela ne constitue notre réalité quà partir du fait de la
rencontre, et donc quà partir de lévénement de la séduction qui
vient en quelque sorte barrer un renvoi que son infinité idéale rendrait inconsistant. On
na pas depuis toujours lidentité : on tombe dessus, la question de chacun
étant alors quil fasse de cette chute laffaire qui aura été la sienne
depuis toujours.
Cest pourquoi, en décidant darrêter la considération de la responsabilité des sujets à ce niveau que définit lopposition de la vie commune et de la vie distinguée, il faut dire que les êtres humains ne sont pas tous à situer sur le même plan : il y a des personnes quil est impossible de ne pas dire communes, et dautres quil est impossible de ne pas dire distinguées. Pour les premières, leur question est confondue avec celle de leur bien (ou réflexivement, avec celle du bien la morale se définissant expressément comme étant la nécessité commune) ; pour les secondes leur question est confondue avec celle du vrai, non pas au sens dun savoir auquel il leur reviendrait de se conformer comme cela revient par définition à nimporte qui, mais au contraire comme quelque chose dont elles auront pris sur elle quil soit vrai le distinguant par là même de ce qui nétait que réel. Décider de la vérité dune chose hors de toute savoir en prenant sur soi dy reconnaître lorigine de sa responsabilité, cela sappelle faire acte dautorité de sorte que les personnes distinguées, ainsi quon ne la jamais ignoré notamment en philosophie, doivent être désignées comme les « auteurs ». Et certes, on peut être « auteur » bien ailleurs que dans des disciplines que les autres rendront académiques, parfois même dans la vie, pourvu quelle cesse dêtre commune. Car il y a des vies qui ne sont pas communes, bien que la définition de la vie soit de lêtre puisquelle est le services des biens dun sujet. De telles vies sont faciles à reconnaître : elles ont la même structure de singularité secrète et inouïe que les uvres et sont pour cette raison des vies quil faut dire vraies des vies de séduction, donc. De même quon peut par exemple reconnaître une ambition, un paysage, un personnage ou même une notion comme balzaciens au sens où cette « autorité » nomme secrètement leur être (dit silencieusement ce quil en est dêtre, dans le cas de ces étants), on peut reconnaître une identité secrète qui est toujours celle dune séduction chez certaines personnes par là même libres de leur liberté et pas seulement de leur action (en admettant dailleurs quelles le soient de leur action ce qui est pour le moins douteux, au sens où on ne saurait affirmer que Balzac était « libre » décrire ou de ne pas écrire Le père Goriot ou Les illusions perdues). Et certes des personnes libres de leur liberté quand les autres, dès lors communes, sont uniquement libres de leur action, nous pouvons tous en nommer en dehors des « auteurs » au sens culturel du terme. Entre dix exemples éventuels de célébrités, citons Eric Tabarly, né de sa séduction par locéan, ou Robert Badinter, né de sa séduction par la Justice (au sens indistinct dune exigence et dune institution).
Il y a une notion
classique pour désigner ce paradoxe de lantériorité de la responsabilité à
elle-même, qui constitue la liberté de quelques personnes et lincompréhension
jalouse de toutes les autres : la « générosité ». Par ce terme, il
faudrait ainsi entendre la responsabilité qui est propre à ceux pour qui être sujet,
cest-à-dire responsable, constitue leur « affaire » - par opposition au
tout venant des sujets qui, eux, nont pour « affaire » que leur bien (ou
le bien) et dont la responsabilité ne peut concerner que ce quils font
(éventuellement le mal). Descartes, quand il parle de la générosité comme lune
des « passions de lâme » tout en en parlant comme dune vertu et
même comme dune structure, tient un discours quil faut décrypter à la
lumière de cette distinction entre attribuer une responsabilité à un sujet (pour
dire que cest un sujet) et la lui imputer (pour dire que sa
responsabilité aura été son affaire), et qui permet de préciser dans son statut
paradoxal la notion de distinction : elle renverrait à la liberté dont il
appartiendrait constitutivement à la liberté de relever. Parce que la question
dêtre sujet est, dans ces articles du Traité des passions, celle non pas de
sa liberté mais du « bon usage de sa liberté », il y est forcément question
dune liberté supérieure dont la liberté elle-même et comme telle soit
lobjet. Telle est la « générosité » classique (cornélienne aussi
bien), quon peut donc aussi appeler la liberté dêtre libre :
celle qui ne saurait appartenir à nimporte qui mais seulement aux sujets quon
ne doit dire distingués que parce quils ne sont pas différents (car être
sujet, cest être un sujet), et quon ne pourra dès lors désigner que par un
terme de pure distinction un terme en somme qui ne veule rien dire bien que
dun autre côté la signification en soit parfaitement évidente : les
personnes « bien nées », les « grandes âmes », etc.. Telle
est la difficulté apparente de ces textes qui font à la fois de la générosité une
attitude que tout homme se doit dadopter puisque cest incontestablement une
vertu, que tout homme a donc la possibilité de faire sienne pour la même raison, et une
disposition non réfléchie et non acquise que seule les « grandes
âmes » et les personnes de « bonne naissance » peuvent donner à
connaître. Par ces vocables, on entend que certaines personnes ne sont pas communes
(nimporte qui est un sujet) mais distinguées (elles sont à chaque fois sujet
dêtre sujet), nous ramenant ainsi à une antériorité de la liberté à
elle-même, dont il naille dès lors pas de soi quelle constitue la liberté
comme telle (la notion ne concernerait finalement que les âmes « nobles »
et pas du tout le commun des sujets qui sont pourtant définis par la liberté), bien
quil soit par ailleurs faux de le nier (du point de vue de la notion, on ne sort pas
de lindéfinie réflexivité de la responsabilité). Hors de la pensée de la
séduction et donc de la distinction comme institution originaire du sujet par
lobjet, ces idées sont incompréhensibles qui pourtant convainquent
spontanément tout le monde, malgré ce quon appellerait aujourdhui leur
« incorrection politique ».
On appliquera donc ces idées classiques à notre question en opposant la liberté commune de faire ceci ou cela, et qui est alors la liberté dans la vie, à une autre liberté dont linjonction à se décider, et donc à opter pour la « vraie » vie serait le principe. Etre de « bonne naissance », alors, cela signifierait être sujet de la vraie vie, par opposition aux personnes communes qui ne sont, elles, sujet que des actions de leur vie, dès lors sans vérité. Et certes, si lon nous accorde que la question quon est pour soi (la question dêtre sujet) procède exclusivement de la séduction parce que cest lobjet qui est lidentité du sujet et la cause de sa responsabilité alors on nous accordera sûrement quêtre né du langage est quelque chose qui peut aussi se dire, par opposition à la simple nécessité vitale, être « bien né » au sens classique du terme ! Naître dans la vie, cest naître ; naître dans lhumanité, cest « bien naître » - la naissance étant alors double comme la mort, puisque les morts de la vie ont encore à mourir dans lhumanité. Si donc il est vrai qu« aux âmes bien nées la valeur nattend pas le nombre des années », cest que la « valeur » dont il est question (lindistinction de valoir et dêtre valeureux) nest pas celle dont on puisse parler en termes de progrès mais seulement en termes de vérité. Et la « vraie » vie ne saurait pas plus devenir meilleure que la vie « bonne » ne saurait devenir plus vraie !
La « vie bonne » est et sera toujours laffaire du commun dont elle peut représenter le bien le plus accompli, tandis que la « vraie » vie, celle des « auteurs » au sens de la définitive étrangeté à soi quon a dit plus haut, est demblée celle dun sujet libre dêtre libre cest-à-dire libre relativement à la question du bien à laquelle tous les autres sont asservis, assujettis quils sont au savoir et aux places cest-à-dire, représentativement. La « distinction », puisque cest cela, la « générosité » est donc avant tout liberté relativement à la nécessité de la vie bonne : on nest pas concerné par cette question qui est à bon droit celle de nimporte qui parce que notre question nest originellement pas là. Et cest bien dorigine quil sagit dans lobjet, puisque sa rencontre ne peut se faire que sur le mode de la réminiscence : lobjet qui somme darrêter dêtre nimporte qui fait reconnaître sa vérité comme ayant été la nôtre depuis toujours. Par cette dernière expression, où se dit le principe de la séduction, nous traduisons ces idées objectivement absurdes mais néanmoins vraies de « bonne naissance ». En est de « bonne naissance » quand cest de ce qui nous constitue comme sujet singulier de la responsabilité universelle quon sautorise, et on est une personne du commun quand cest au contraire de ce qui ne nous constitue que comme sujet universel. Cest le propre de nimporte qui dêtre nimporte qui sauf que, de par lobjet et donc de par linsistance du vrai, tout le monde nest pas nimporte qui La séduction est linstant du basculement dun statut à lautre.
Ainsi la liberté peut sentendre de eux manières. La liberté commune est la liberté dont il va de soi quelle est liberté pour le bien (le mal, subjectivement, est toujours hétéronomie donc démission de son propre statut de sujet) ; et, à cause de lobjet et donc de lidée de la vraie vie, il faut lopposer à la « générosité » qui est la liberté libérée de la question du bien et dont elle pourra dès lors elle-même relever. En termes daujourdhui, la « générosité » consiste à sautoriser de soi et donc, de soi tel quon sest reconnu dans le statut dorigine subjective de lobjet, à s « autoriser ». Cela ne signifie surtout pas se faire auteur pas par quelque volonté encore asservie à un idéal de représentation (quon pourrait figurer par limage cartésienne et moliéresque dêtre « relié en veau »), mais cela signifie que la causalité subjective de lobjet ou, si lon préfère, sa valeur dorigine pour soi (« oui, cest cela ! »), on a pris sur soi que çait été depuis toujours son affaire. La « générosité » ne se trouve donc pas dans le sujet comme une qualité particulière et contingente dont on ne sait pourquoi les autres seraient privés, mais elle se trouve dans lobjet en tant quobjet.
Donnons un
exemple concret dune personne qui navait rien de « commun »
pour faire voir ce que cest que la « vraie » vie et donc aussi ce
quon pourrait appeler, pour un sujet, la « vraie » liberté : la
« générosité » au sens classique dEric Tabarly nest aucunement
un trait psychologico-moral quon pourrait constater en lui, mais cest tout
simplement locéan. Ça et rien dautre la
« générosité » tenant précisément au caractère abrupt et définitif de
cette exclusivité. Tabarly : lhomme qui ne cède pas sur la
« vraie » vie, non pas parce quil aurait été doté par la nature ou
par léducation dun entêtement particulier, mais pour la seule
quil ne sest pas défilé devant ceci que locéan,
comme « objet », est vrai. La « générosité »
nest rien dautre que ce refus de laisser la question du vrai aux bonnes
raisons.
Parce que la question de la générosité est identique à celle de lautorité au sens strict (« autorité » = le fait dêtre « auteur », notion qui soppose à celle de sujet en ceci quelle en est le redoublement), elle doit être pensée par nous dans luniversalité qui définit cette dernière notion. Telle est la question de la séduction qui nest aucunement réservée aux réalités sublimes (même si lon peut nommer « sublimation » quun sujet laisse la question de son bien pour prendre sur lui la vérité du vrai), et qui nest donc pas moins efficiente dans le dérisoire des choses qui sont petites et partielles que dans la majesté des choses qui sont grandes et totales : elle ne vaut pas moins pour les engouements publicitaires (lemployé de bureau séduit par une réclame de voiture : il comprend quil a toujours été sans le savoir un « conquérant des grands espaces », ce qui donne un achat de plus et des exaltations subjectives) que pour les uvres de lesprit (tel bourgeois de la fin du dix-neuvième siècle séduit par la littérature : il réalise que sa question a toujours été celle décrire, ce qui donne la Recherche du temps perdu). Cela signifie que tout ce quon vient dapprendre sur la « générosité » doit, malgré le paradoxe pour ne pas dire loxymore que cela constitue, permettre de penser la séduction en général, dont les tout premiers caractères sont dêtre multiple et fractale puisquon peut être sujet de multiples manières (lartiste est aussi un consommateur et un automobiliste, par exemple) et surtout quon peut lêtre à une multitude de niveaux (né de sa séduction par la littérature, lécrivain peut être séduit par tel personnage, puis par telle idée à propos de ce personnage, puis par telle formulation de cette idée, et ainsi de suite).
Telle
quelle apparaît à travers la question du redoublement de la liberté ou, pour le
dire en langage classique, à travers celle de la « générosité », la
question de la séduction est celle de la cause de la distinction. En quoi on la désigne
comme celle de lautorité puisque cest le même, dans toutes les
acceptions du termes, dêtre distingué et de faire autorité, et que
lautorité est en propre ce qui distingue (par opposition au pouvoir, notamment de
juger, qui différencie). Cette notion en sort alors clarifiée. Lautorité
nest pas quelque chose, une puissance ou un pouvoir (ou une
« qualité ») mais lirréductibilité de la question de la vérité
à celle du savoir (ou, si lon préfère, à celle des bien)s, en tant que cette
irréductibilité est inconsistante, et quelle se trouve par là même identifiée
à la responsabilité quun sujet en prendra. Ainsi le sujet
s »autorisera-t-il de lui-même en devenant sujet davoir été fait
sujet. Les raisons en sont maintenant évidentes : 1) on nest sujet que par
assujettissement à un objet parce que le sujet nest pas une entité métaphysique
qui tomberait du ciel toute constituée (à strictement parler, on ne peut donc pas dire
quil y a des sujets comme on peut dire quil y a des cailloux). Car 2) cela ne
constituerait quun effet objectif analogue à la pluie qui est un
effet de la condensation de la vapeur atmosphérique si 3) cette constitution
nétait celle dune responsabilité, celle de lobjet, précisément, sil
est vrai quon est sujet quà ce quêtre sujet (entendons : être
constitué en sujet par lobjet) soit non pas notre nature mais notre affaire.
i[1] Le relativisme, bien commode parce quil semble autoriser la paresse intellectuelle (alors quen réalité il obligerait à produire des lois de transformation), est parfaitement faux en matière de morale. Car si lenquête empirique fait voir quil y a une morale propre à toute catégorie quon voudra mentionner (les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, les hommes et les femmes, les urbains et les ruraux, les bourgeois et les prolétaires et ainsi de suite indéfiniment), elle fait voir aussi que chacune de ces « morales » a pour sens de valoriser ceux dont elle est la « morale », de présenter leur existence comme le modèle de lhumain et surtout dinstituer leur intérêt comme celui que tout le monde doit servir. Impossible dès lors quun jugement moral universel napparaisse pas dans lévidence suivante : il ny a pas de morale particulière qui ne soit narcissique et intéressée (et souvent de la manière la plus grossière) cest-à-dire immorale. Avoir une morale particulière tout le contraire de léthique, irreprésentable et aperceptible seulement de lextérieur comme lautonomie de lobjet cest simplement être une canaille.