La notion de désinvolture (3) : responsabilité et vérité
La désinvolture est un rapport à la vérité : son déni, puisquelle consiste à faire comme si la vérité nobligeait pas, comme si notre être de sujet humain nétait pas constitué davoir à répondre au vrai et du vrai comme tel. Or cette constitution, on peut la nommer très simplement en disant quon nest humainement sujet quà être responsable et dabord responsable dêtre responsable de la vérité, puisque toute parole ou toute action est une réponse et que cest originellement au vrai que nous avons à répondre, là où il est. On appellera désinvolture de ne pas le faire, cest-à-dire soit den rester aux exigences de la situation plus ou moins directement imposées par la recherche de la vie bonne (celle qui vaut pour nimporte qui et que nous avons donc raison de vouloir) soit dy répondre ailleurs quen vérité comme quand, pour donner le paradigme de cette désinvolture, on répond par du savoir à de la pensée. En quoi nous poursuivrons notre exploration de ce qui indique la vraie vie : non surtout celle quil est souhaitable de mener mais celle, parfois terrible, qui simpose à quelquun pour la seule raison quil est lui. Etudier la désinvolture, cest donc étudier la vraie responsabilité, celle que les " leçons de vie " nous donnent toujours à méditer.
Le personnel de la vérité et le réel des meilleures raisons
Par vérité au sens subjectif, on entend lextériorité au savoir (et donc à la reconnaissance de soi : on ne pense jamais que sans y être), le lieu dimpossibilité où ce qui sera posé le sera vraiment ce dernier terme ne renvoyant à aucune signification positive (auquel cas la vérité serait une modalité du réel) mais renvoyant à lextrême, à limpossibilité absolue de tout recours et dabord à celui qui chacun est pour soi-même. Ce quon a fait quand on était absolument sans recours, voilà le vrai.
Etre désinvolte, cest donc ne reconnaître aucune épreuve, mais seulement des expériences. Je le dis autrement : cest vivre comme si lon nétait pas marqué. Reconnaître des expériences, cest renvoyer aux raisons et, dêtre légitimées de lexpérience, aux meilleures raisons. La désinvolture nexclut pas la réflexion, bien au contraire, mais elle exclut absolument la méditation. Cette dernière exclusion, à condition quon en dégage limplicite, suffirait dailleurs à la définir. Les meilleures raisons sopposent donc à la marque, au point dimpossibilité définitive à soi-même qui caractérise les éprouvés. Etre désinvolte, cest toujours agir en déniant quon soit un éprouvé cest en rajouter sur la vie, pourrait-on dire, puisque le désinvolte pose avant tout de lui-même quil na rien dun survivant. Or cest là où nous sommes des survivants, et uniquement là, que nous sommes capables de vérité : par ailleurs nous sommes seulement capables de vivre, dassurer lessentielle médiocrité du service des biens, de ce que tout le monde a raison de vouloir.
Or cest précisément cette alternative du réel (les meilleures raisons) et du personnel (le statut de survivant entendu comme capacité locale de vérité) que la désinvolture est pour ainsi dire constituée de récuser. La responsabilité dont elle est le déni, on a compris quelle était dabord la responsabilité de cette alternative même.
Jinsiste pour dire quil ne faut pas opposer le réel au personnel, et donc la vie bonne à la vraie vie, dune manière simpliste, comme si lon pouvait choisir entre les deux, alors que tout choix est, dêtre par définition choix du préférable, déjà le service actuel des biens ! Rien ne serait donc plus absurde, pour penser la responsabilité, que dopposer la réalité à la vérité en laissant entendre que la vraie responsabilité (forcément !) consiste à choisir la vérité contre la réalité, comme si la vérité était une sorte de réalité et surtout comme si la vérité pouvait être totale au sens où la vie peut toujours lêtre (non pas que son dernier instant puisse faire fonction de totalisation, mais au sens où cest la définition même de la vie de tout comprendre à commencer par elle-même puisque le vivant est cet étant pour lequel il va en lui-même de son propre être). Or il ny a de vérité que partielle et, avons-nous appris en réfléchissant sur lépreuve, que locale. Cest localement que nous sommes capables de vérité (par exemple le photographe lest au niveau du regard, etc.), alors que cest généralement que nous sommes toujours déjà pris dans la vie. Bref, on a compris où je veux en venir : la désinvolture sera toujours le service du total non pas surtout contre le service du partiel mais contre son insistance. Là où le partiel insiste est la possibilité de la désinvolture, telle quelle apparaît quand nous opposons dune part la marque et dautre part la vie en disant que " par ailleurs " nous sommes toujours les mêmes, nous qui ne reviendrons jamais des épreuves que nous avons traversées. La désinvolture est que le " par ailleurs " fasse taire linsistance de labsence partielle à soi, la mort désormais localisée de celui que nous étions et qui ne reviendra pas. Le " par ailleurs " est lordre des choix, donc des meilleures raisons, et il faut lentendre à lencontre du point dimpossibilité où, dêtre marqués, nous sommes vraiment nous mais forcément sans nous. Et être avec soi, ou du moins pas sans soi, est évidemment le premier des recours, celui qui exclura tout ensemble lépreuve et le statut de survivant. Le recours est donc réel, par opposition à son impossibilité qui est personnelle.
Du même mouvement, la désinvolture est le déni de la vérité et celui de la responsabilité singulière, puisque cest à être sans recours quon est vraiment responsable. En deçà, cest toujours du savoir quil sagit parce quon fait ce que nimporte qui aurait raison de faire à notre place (y compris avec les effets daliénation dont elle peut être le lieu). Lextrême qui est le lieu de la vérité est par là même le lieu de la responsabilité ou inversement. Et de fait, ce qui se trouve posé par celui qui est sans recours ne pourra daucune manière être attribué à quelquun dautre, et dabord pas à celui quun autre aurait été à la même place.
Jai souvent dit que cette impossibilité portait un nom, quil faut libérer de ses connotations romantiques : le génie. Le génie est la responsabilité absolue, et nest rien dautre puisque ce terme désigne uniquement limpossibilité de la substitution personnelle, telle notamment quon peut la représenter à travers la procuration réelle (tel collègue pourrait faire mon travail) ou idéale (je fais ce que nimporte qui à ma place aurait raison de faire).
La désinvolture, qui consiste à faire comme si la vérité ne comptait pas, est par conséquent toujours désinvolture envers la responsabilité, et donc envers le génie propre. Impossible dêtre désinvolte sans mettre expressément en avant quon est nimporte qui cest-à-dire un sujet réellement entendu : " à mon âge, vous comprenez, je ne vais plus membarrasser avec ces questions ". Et certes, tout le monde sait bien quêtre désinvolte consiste à se conduire de manière irresponsable à avoir pris (et non pas à prendre actuellement, bien sûr) la responsabilité de lirresponsabilité en arguant dun réel qui aurait depuis toujours décidé pour nous (" un homme dans ma situation, vous comprenez "). De sorte que, de dénier la vérité forcément au nom de la réalité, il appartient originellement à la désinvolture dêtre le déni de soi au profit du réel le déni de son propre génie cest-à-dire tout simplement de sa propre singularité personnelle au profit de sa particularité réelle.
Contre le personnel, dont la notion est déjà celle de lobligation et de la responsabilité (ne confondons pas la personne, sujet de droit, et lindividu, sujet de fait), la désinvolture sera den appeler au réel non pas comme un fait mais toujours comme une excuse ou plus exactement comme un autre sujet, un sujet irrécusable et absolu (" je suis jeune, et toutes ces histoires de fidélité nont de sens que pour les vieux "). Il ny a pas de différence entre être désinvolte et en appeler à la réalité (donc au savoir) pour récuser une obligation, dont la réflexion établit forcément linconsistance non pas certes universelle mais particulière puisque cest toujours dans sa détermination concrète (par exemple je nai plus envie de voir la personne à qui javais donné un rendez-vous) que le sujet désinvolte sautorisera à agir en irresponsable cest-à-dire comme sil ne létait pas (" daccord, jai donné ma parole ; mais je me suis laissé emporter par un enthousiasme passager ; et puis les paroles senvolent, nest-ce pas ? ").
Cest par conséquent le même dêtre désinvolte et de mettre en avant des excuses qui sont toujours des mensonges, surtout si elles sont réelles puisquelles attestent alors expressément du déni de la responsabilité personnelle dans lappel à lirrécusable réel : " je ny suis pour rien : cest la réalité qui en a décidé autrement ".
Responsabilité et vérité sont comme lenvers et lendroit dune unité quon pourrait signifier par lidée dêtre vraiment soi. Il faut nommer désinvolture le négatif de ce nouage quil faut comprendre comme celui du personnel au local dune part, et du réel au total dautre part. Penser la désinvolture revient par conséquent à penser depuis son envers une vie qui soit vraiment celle de son sujet : une vie personnelle, ce ne peut pas être une alternative simple à la vie bonne parce que ce nest pas une vie du tout. Je lai souvent dit et je le répète encore : le sublime est une imposture, de sorte que lopposition de la vraie vie à la vie bonne, qui recouvrirait celle du sublime au trivial est un non sens : le sublime nest pas lautre du trivial, mais cest dans le trivial lui-même lindication quil nest pas la vérité. La responsabilité ne sera jamais celle de choisir la vraie vie contre la vie bonne parce quon aurait seulement lopposition de deux ordres de raisons mais de reconnaître seulement que le vie bonne nest pas la vraie vie. Mais il ny a pas dautre vie souhaitable que la vie bonne, évidemment. Mais cest désinvolture et donc trahison de soi (si la première responsabilité porte sur soi comme sujet responsable) que den rester à cette vie qui est celle des excuses réelles.
Désinvolture et responsabilité : que sa nécessité soit sa contingence, ou que sa contingence soit sa nécessité
La vie ayant à être bonne nest pas la vraie vie et cest désinvolture que faire semblant de lignorer justement parce quon a raison de faire semblant de lignorer, linconsistance du vrai étant irrécusable. La désinvolture ne réside pas dans lignorance ni dans le semblant de lignorance mais dans la légitimité de ce semblant. Je viens de le dire : il ny a pas dautre vie à vivre que cette vie ayant à être bonne.
Tel est en effet le désinvolte qui a reconnu la vérité comme telle, cest-à-dire dans limpossibilité quelle soit une sorte de différence et donc dans limpossibilité quelle puisse jamais constituer un argument permettant de choisir un type de vie (la " vraie ") à lencontre dun autre (la " bonne ", celle que tout le monde a raison de souhaiter). La désinvolture est cette impossibilité en quelque sorte actée.
Vouloir que tout soit seulement réel, comme le fait le désinvolte qui souligne que, comme différence entre le réel et le vrai, il ny a rien, cest décider que tout est contingent ; et cest décider aussi que tout est nécessaire, les deux propositions étant articulées, bien sûr, par la réflexion. Certes, dès que je me penche sur mon passé, je suis forcé de constater que toute ma vie et aussi tout ce qui la conditionnée dans sa réalité depuis lindéfini commencement des univers devait être ce quelle a été pour saccomplir à cet instant, où je mets un point final à cette phrase. Je puis prendre la moindre " rognure dongle " et en faire le sujet rétrospectif et irrécusable de la nécessité cosmologique dans son ensemble. Tout le monde sait cela. Eh bien la désinvolture consiste à sen tenir à cette vérité triviale posant dune part que rien ne sort de la contingence donc de linsignifiance, et dautre part quon ne peut pas aller contre ce qui devait être (par exemple une brusque lassitude), le rapport du sujet à lui-même en étant lindication expresse : " que voulez-vous, je suis comme ça, moi ! ". Je le dis autrement : rien ne sera respecté et on a davance toutes les excuses. Voilà comment on peut expliciter la décision originelle dirresponsabilité envers la responsabilité quon appelle désinvolture.
La question de la vérité relativement à quoi il y a responsabilité et donc à lencontre de quoi il y a désinvolture, on peut donc la poser à partir de lopposition de la réflexion (effet de savoir) et de la méditation (effet de vérité) en disant quil appartient à celle-ci de reconnaître le contingent comme nécessaire puisquon médite forcément sur ce qui nous a dune manière ou dune autre inspiré du respect qui fait reconnaître une nécessité au-delà de toute réalité (à commencer par celle quelle pourrait constituer par elle-même raison pour laquelle jai souvent dit que la position sublime était une imposture), et à celle-là de reconnaître le nécessaire comme contingent puisque ce qui simpose ne le fait jamais que factuellement cest-à-dire, précisément, de façon contingente.
Toutes les excuses que jai dêtre ce que je suis attestent de la nécessité que je le sois et par là même de linsignifiance que je le sois donc de mon irresponsabilité à lêtre. Tel est le principe de la désinvolture qui consiste paradoxalement à dénier quon soit le sujet des liberté quon prend avec la nécessité toujours déjà engagée dêtre sujet
Pas de différence par conséquent entre lirrécusable de ma détermination subjective et le fait que je ne sois finalement fait que de toutes les excuses qui, depuis linstant de ma conception jusquà maintenant, ont exclu que je sois autre chose quelles. Evidemment, la désinvolture consiste à prendre cette vérité dans son sens positif, et la responsabilité dans son sens négatif : je ne suis rien que lensemble de mes excuses, certes, mais par là même jatteste quelles ne comptent pas. Cest ce " par là même " quon est désinvolte de ne pas apercevoir.
Inversement, il faut nommer responsabilité la conversion subjective, en tant quelle a toujours déjà été opérée, du contingent en nécessaire.
Car quest-ce quêtre responsable, avant tout, sinon être le sujet dune vie dont on réponde ? Mais il va de soi que lon nest pas réellement le sujet de ce qui nous a fait sujet : cest la définition même du procès de subjectivation que son sujet napparaisse quà la fin, puisquil en est le résultat. Mais précisément : cest un sujet qui apparaît, et non pas une chose un sujet qui ne peut donc quêtre le sujet de son propre devenir-sujet, puisque justement cest le sien !
Cest quon mélange souvent les deux sens de la responsabilité, celui qui renvoie à la réalité et celui qui renvoie à la vérité : le premier fait du sujet une sorte de cause (paradigmatiquement : être responsable dun dommage causé à autrui) alors que le second renvoie à la question de la réponse, en tant quil ny a de réponse juste quà déplacer ce qui sera précisément lacte subjectif de répondre, en plus de limportation de savoir dont la question est lexigence les a priori de la question. Si nous prenons lexemple de ce dont nous pouvons le moins être sujet au sens réel, notre date de naissance et donc notre âge actuel, on verra bien quau sens véritatif on en est responsable : assurément, dun point de vue tout abstrait je souhaiterais être plus jeune, mais dun point de vue concret, la vie que je mène, celle dont je suis sujet, se définit de nêtre pas plus une vie de vieillard quune vie de jeune homme positions que je puis certes adopter (il y a des gens de cinquante ans qui shabillent comme des adolescents et singent les tics de langage correspondants et dautre au même âge qui sont tout occupés de leur taux de cholestérol et qui se sont déjà fermés au monde) mais uniquement dune manière mensongère. A chaque instant et sans même pouvoir y penser, jassume donc mon âge dune manière qui nest pas simplement objective (quil me plaise ou non je suis bien obligé de faire avec) mais qui est expressément subjective, au sens où elle est éthique (décider de soi) et même morale (tenir compte ou non de la nécessité représentative par exemple être honnête ou malhonnête).
Un autre exemple le montrera peut-être encore mieux, qui est celui des parents. Si la désinvolture est la désubjectivation de sa propre nécessité, elle consistera à se penser soi-même et surtout à se conduire comme étant le résultat dune enfance dont eux étaient sinon coupables au sens où il est rare que des parents veuillent expressément faire du mal à leurs enfants, du moins responsable au sens où, forcément, ils nous ont si mal faits. Et de fait, je ne puis nier que si mes parents mavaient fait une autre enfance, je serais différent et probablement meilleur que je ne suis. Inversement, la responsabilité consistera à reconnaître que cette enfance, dans laquelle nos parents ont été si importants, cest la nôtre : celle dont nous sommes sujet. Doù cette formule par laquelle il est arrivé à certaine psychanalyse de se terminer : " finalement, on a les parents quon mérite". En quoi, soit dit en passant, on voit que la psychanalyse est une éthique puisquon peut y entrer pour se plaindre de ses parents et quon peut en sortir en reconnaissant que, quels quils aient pu être, cela naffecte en rien notre absolue responsabilité de nous-mêmes, non seulement au présent au sens où nos défauts ou nos qualités sont nos manières personnelles dexister et non pas leffet dune éducation faite par dautres (cest ce quils sont en réalité mais pas en vérité autrement dit ça ne compte pas) ; ou au futur au sens où on ne pourra pas attribuer les bêtises quon fera à la mauvaise éducation quon a reçue (idem) ; mais même (on pourrait presque dire " surtout ") au passé : cest bien moi qui ai eu cette enfance, dont je suis par là même absolument responsable et que je ne puis sans mentir attribuer à personne dautre. Car si la responsabilité est bien celle dêtre responsable, on peut dire que celui qui vient se plaindre davoir eu les parents quil a eus nest quun désinvolte, irresponsable quil se fait être de la manière dont il est actuellement sujet, puisquil désigne dautres personnes comme les sujets de cette responsabilité première ! Dans sa vie et selon lui, cest la cause et non le sujet qui compte ; or une cause ne compte jamais (comme on le voit de ce que toute excuse soit toujours un mensonge, surtout si elle est réelle), puisquelle relève du savoir et non de la vérité : elle importe seulement.
Si donc le sujet responsable, davoir dabord à lêtre de la responsabilité elle-même, est sujet de la nécessité qui la fait sujet par opposition au sujet désinvolte qui sappuie sur lirrécusable réalité pour sexonérer de cette responsabilité originelle (il est ce quon a fait de lui ce quen effet nul ne peut contester), alors on peut dire que la responsabilité consiste à faire de sa contingence (être né tel jour, garçon ou fille, dans telle famille riche ou pauvre, française ou étrangère, etc.) sa propre nécessité puisquelle est la modalité même de sa responsabilité, dont la responsabilité consiste précisément à être responsable. La désinvolture consiste au contraire à faire de sa nécessité sa propre contingence.
On définira donc la désinvolture, si lon est dabord responsable dêtre responsable, par la décision originelle dinverser la distinction de ce qui compte et de ce qui importe.
Est désinvolte celui qui en reste à lordre des importances. Et certes, il y a des choses qui sont très importantes ! Pour lui, ce qui compte, nimportant pas, ne mérite donc aucun égard aucun de ces égards quil serait impossible de justifier. Celui qui, fixé sur les importances, et est donc sans égard envers ce qui compte pour lexcellente raison que rien ne saurait justifier quon agisse autrement, je dis quil perd son âme.
En quoi nous découvrons lenjeu secret de lopposition entre la désinvolture et la responsabilité si lon nest originellement et finalement responsable que de ce qui compte, le paradoxe étant alors que la vraie responsabilité autorise à être désinvolte envers ce qui importe et ne compte donc pas (la carrière, lagent, le prestige et tous les biens que chaque situation désigne comme plus ou moins importants) et à quoi on perdrait son âme de se vouer.
Doù cette ultime conclusion que je vous laisse méditer jusquà la prochaine fois : si être désinvolte, cest être en train de perdre son âme, alors cest de lâme quon est vraiment responsable. Tout le reste nest que désinvolture.
Je vous remercie de votre attention.
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