Apprendre à vivre (8) : le trésor et le crime des crimes
Le vrai se définit de son inconsistance réflexive. Cela signifie très concrètement que du vrai, on peut toujours en chercher, on nen trouvera pas. Jajoute : précisément parce quon laura cherché. Chercher est en effet un position réflexive dont le corrélat est lessentielle insignifiance de tout ce quon trouvera : à celui qui est nimporte qui ne peut advenir quun réel qui soit nimporte quoi or le vrai sentend précisément de ne pas être nimporte quoi. Une réalité objective, cest toujours une réalité bête parce que ce qui compte en elle est toujours la même chose : son rapport à la réflexion (précisément : quelle soit objective) ; de sorte quil lui appartient deffectuer la définition que donne Deleuze de la bêtise et que jai souvent citée : la confusion du singulier et de lordinaire. Si subtile quen puisse être la découverte, celle-ci est toujours déjà reprise par un Monsieur Homais : le sujet de la représentation, identique à la nécessité toujours déjà avérée dêtre nimporte qui, puisquil y a une représentation de nimporte quoi. Pour le pharmacien de Yonville que nous sommes tous dans le moment de notre réflexion, rien ne saurait jamais être proprement sujet de la vérité : il y a seulement le réel dune part et sa connaissance d'autre part, le premier étant à chaque fois indifférent puisquen lui le même sujet de la représentation est toujours seul à compter. A quoi soppose donc le vrai, qui nest pas indifférent mais distingué, épuisant par là même son statut de sujet pour la vérité dans cette exclusivité : elle situera pour nous sa reconnaissance non pas dans le savoir mais dans le reste du savoir non pas, comme je dis souvent, dans la réflexion mais dans la méditation. Le vrai, dont on nomme " respect " laperception spécifique, donne et dabord à méditer, de sorte que la question des " leçons de vie " est toujours celle du don à méditer. Mon propos daujourd'hui sera dinterroger ce don dans son incidence distinctive : pour chacun son trésor est composé déléments qui lauront à chaque fois absenté, et par là rendu localement capable de vérité ce que jappelle donné à lui-même.
Le trésor : le don de la distinction.
Je rappelle quil faut opposer léthique à la morale, laquelle sépuise à valoir pour le sujet de la réflexion quand léthique vaut au contraire pour le sujet en première personne, cest-à-dire en impossibilité de soi. Cela revient exactement à dire que léthique et la morale sopposent comme limpossibilité soppose à la nécessité.
La morale est la nécessité de faire ce que nimporte qui aurait raison de faire pour la seule raison quil est nimporte qui. Cela signifie que les impératifs et les jugements sont constitués dans et par la réflexion. La notion réflexive est naturellement morale, puisque la morale nest justement rien dautre que leffectuation de la réflexion, dont la fonction transcendantale (tout ce qui est, est pour moi, donc en vérité par moi) implique quelle soit toujours déjà subjectivée raison pour laquelle, soit dit en passant, il est absurde de supposer lexistence dun sujet transcendantal : il suffit de pointer que la réflexion est la fonction transcendantale.
Léthique, au contraire, renvoie tout cela à vanité puisquelle sentend du vrai dont la fonction transcendantale est épuisée dêtre la dépossession. Là où est le vrai, la nécessité transcendantale ne compte pas. Car si, à la réflexion, rien de ce qui est nest que pour, et par conséquent que par, moi, cela signifie que ce que jappelais vrai ne létait en réalité que par une constitution dont je navais simplement pas conscience dêtre le sujet, moi qui létais toujours, et seulement en vérité : non pas dans lexistence ni dans la détermination de mes objets mais dans le sens de leur être, qui est lobjectité la destinée de trouver sa vérité dans la forme représentative. Donc ou bien il y a du vrai , ou bien lattitude réflexive (et par là morale) est légitime mais il faut choisir. On appelle " éthique " le premier terme de lalternative, et " morale " le second.
Lalternative originelle est celle du sujet : ou bien cest le vrai, ou bien cest moi qui suis nimporte qui et qui me représente faire autorité précisément pour cette raison de principe que je suis nimporte qui (le sujet universel). Bref, la distinction dun côté, le commun de lautre.
Sil faut des références (superflues en philosophie, mais parfois utiles pour se faire entendre), cest donc plutôt à Nietzsche que je me rapporterai en soulignant quen effet la morale, qui ne soppose à léthique quà en avoir été originellement une (que ce soit moi et surtout pas le vrai qui soit sujet pour la vérité), est par constitution morale du ressentiment et pensée desclave à nommer " esclave ", pour les raisons que jai indiquées quand nous avons travaillé sur cette notion, le sujet commun de lexpérience (par opposition au sujet distingué de lépreuve). On peut dire ainsi que lhomme du commun est lhomme de la morale (et donc aussi, et presque toujours, lhomme immoral) alors quun tel jugement na aucun sens pour lhomme distingué lui qui na jamais à être moral (ou immoral) que " par ailleurs ", là où ça ne compte pas, là où il ne sagit de lui quen réalité mais pas en vérité.
Eh bien le trésor de chacun, cest le trésor de sa distinction. La désinvolture envers sa propre distinction, autrement dit la décision de faire comme si la première personne était identique à la troisième (à ceci près quelle serait subjectivement vécue), voilà ce quil faut considérer comme le crime des crimes.
Il sagit pour nous de situer la notion de trésor en linscrivant dans la problématique de la capacité de vérité cest-à-dire de la marque. Je dirai ainsi que le trésor est constitué de ce qui a marqué : en lui, ce quon trouve, cest le marquant considéré dans son incidence cest-à-dire dans son effet de vérité, qui est un effet de distinction d " impossibilisation ", au sens où on nest capable de vérité que là où lon est radicalement impossible à soi. La distinction de la première personne tient précisément à cela, puisquon appelle vrai cela qui a été posé en première personne.
Mais ne commettons pas de contresens sur lidée de lincidence du marquant, autrement dit su lidée que le survivant seul (celui qui nest pas revenu de lépreuve et qui est par là même originellement impossible à soi) parle en première personne bien que, par ailleurs et comme tout le monde, il soit évidemment celui quun autre aurait été à sa place.
Si je tente (avec la quasi-certitude de la méconnaissance et de léchec) de me souvenir des choses et des êtres qui mont marqué, je vais forcément opérer une réflexion qui les instituera dans une nécessité rétrospective. Je dira ainsi quil a fallu quil marrive ceci ou cela pour que je sois celui que je suis, en loccurrence celui qui sinterroge sur les péripéties de sa constitution pour ainsi dire spirituelle. Rien là que de très légitime, sauf que cest justement à lencontre de cette réflexion que la notion de trésor prend son sens. Car enfin cette réflexion nest-elle pas expressément finalisée par une conclusion tautologique, à savoir que la récapitulation des épreuves que jaurai traversées pour devenir moi établira par là même (comme effectivité de la réflexion) que si un autre les avaient traversées, eh bien il serait moi ! Absurdité je le sais, mais où sindique expressément que je ne suis moi que par ma place. Si donc cest moi qui parle, alors je le ferai de ma place, cest-à-dire autorisé delle puisquon ne peut rien faire ou dire quà prétendre implicitement avoir raison de le faire ou de le dire, et quavoir raison consiste réellement à occuper une certaine place dans lordre du discours, celle de la conformité à ce qui la institué comme tel. Or sautoriser de sa place (ou de son savoir, ce qui revient au même), cest la définition exacte de la médiocrité !
Non que je ne sois médiocre (bien au contraire : je suis réellement celui quun autre aurait été à ma place), mais alors on se trouve dans le savoir, dans la conscience de lordre des choses, et la notion même de vérité perd toute signification propre : il ny a pas de vrai, mais seulement un système de discours. Par contre si lon admet a priori telle est la décision philosophique quen effet rien dextérieur ne vient légitimer, sinon justement son statut de décision pour la pensée de sauvegarder cette notion, alors on reconnaîtra que le vrai, dans son rapport au sujet subjectif, est précisément ce que celui-ci se définit de ne pas pouvoir poser.
Ce qui revient plus concrètement à dire quil ny a déthique que de limpossibilité. Je nai vraiment raison que là où il nest pas possible que jaie raison, que là où je navais daucune manière, moi qui " cherchais ", la capacité davoir raison. Je ne suis en vérité que là où il nest pas possible que je sois.
Le trésor, donc, il faut le penser à partir de cette problématique subjective de la vérité : il ne sagit pas de ce qui ma marqué (toutes sortes dévénements plus ou moins traumatisants qui auraient marqué nimporte qui à ma place) et par là amené en quelque sorte de force à être celui que je suis, mais tout au contraire de ce qui, marquant, maura donné limpossibilité dêtre moi le lieu dimpossibilité doù il savèrera après coup que mon discours était en première personne. Il faut donc opposer la nécessité dêtre soi qui renvoie à toutes sortes de moments de constitution subjective, à limpossibilité de lêtre qui renvoie au contraire à un seul moment (à chaque fois) dimpossibilité subjective.
Le trésor est lensemble de ces donations, constitué comme ensemble par une réflexion que je puis toujours faire pour reconnaître mes impossibilités dêtre, lesquelles, à chaque fois, sentendent simplement dune absence locale car il est bien évident que, par ailleurs, " je " suis toujours là, anonymement autorisé de savoirs ou de places également anonymes. Labsence dont je parle ici est celle quon doit forcément reconnaître au sujet de la métaphore dès lors que lénoncé métaphorique, dêtre proprement fou, est lénoncé que personne naura jamais eu la possibilité de poser. Dans lidée de trésor, il faut donc toujours garder la référence à la folie de la métaphore, folie absolue mais dont on peut toujours, à la réflexion, instituer une pluralité (je peux dire aujourdhui que jai produit plusieurs métaphores dans ma vie, bien que sur le moment la folie de ce que je disais ait exclu non seulement que je my sois exprimé mais surtout que jaie su ce que je disais et que je sois identique à celui dont une précédente métaphore avait été lacte de langage).
Appartient à mon trésor tout ce qui maura donné limpossibilité dêtre, à lencontre de tout ce qui aura exigé de moi un être qui fût (transcendantalement) nécessaire. Mon trésor, cest mes folies non pas au sens dun pluriel avéré (" faire des folies ") mais au sens dune singularité aussi absolue quimpossible : la folie (et certes " nest pas fou qui veut "), dont par après, je pourrai dire quelle aura été plurielle mais qui est à chaque fois limpossibilité absolue dêtre réellement sujet dun énoncé métaphorique. Car pour la métaphore, sujet, on ne lest jamais que vraiment.
La donation de la folie métaphorique soppose à lexigence de sens, comme la contingence soppose à la nécessité et comme la vérité soppose au savoir, et cest depuis cette triple distinction (une seule en réalité) quil faut en penser les éléments.
Récuser davance linéluctable nécessité réflexive
Chacun de nous peut en trouver dans sa propre vie une grande quantité dexemples pour penser les éléments du trésor à la condition quil ne refuse pas de les reconnaître comme tel, notamment en en faisant les moments dune expérience dont il aurait profité, par exemple à travers lidée que certaines épreuves nous feraient gagner de la maturité. Car ce que je viens de dire implique, pour les éléments du trésor, quils soient irrécupérables comme expériences, alors même quil appartient à la définition de lépreuve quelle puisse toujours être réfléchie en expérience (par exemple je puis faire profiter un étudiant de mon expérience des concours). Il ne suffit donc pas den rester à la corrélation de lépreuve et de la marque et de dire, une fois la marque reconnue comme le lieu dune capacité impossible de vérité (car la vérité est précisément ce dont nul nest capable), que toues les épreuves que nous avons traversées font partie de notre trésor (ce qui serait pour le moins paradoxal, la plupart desdites épreuves nous ayant en quelque sorte abîmés, partiellement détruit). Non : si cest bien la donation de vérité, quon peut encore nommer leffet de vérité comme grâce, qui définit chaque élément du trésor, alors il appartient à celui-ci de sentendre selon la même exclusion réflexive dont les notions de don et de grâce sont constituées.
Ce qui est gracieux sentend en effet, dans son double sens dune donation sans raison et dune impossibilité que compte jamais ce dont il faut rendre raison (une démarche gracieuse se reconnaît de ce que les nécessités physiques, toujours importantes la personne ne va pas se mettre à marcher au plafond ne comptent plus), par limpossibilité de la réflexion puisque réfléchir consiste à inscrire dans lordre du savoir qui est celui de la reconnaissance des raisons, et que le don comme la grâce ne sont précisément tels quà être, comme la rose qui leur sert de paradigme, sans raison. Sans raison, cela signifie aussi contingent. Le trésor est à chaque fois constitué dun effet de contingence.
Les éléments du trésor sont tous gracieux en ce sens très précis quils récusent davance la réflexion et cest précisément à cela quon les reconnaît. Tout ce qui nous marque ne peut donc appartenir à notre trésor dont par ailleurs il est bien évident que nous ne pouvons faire exhaustivement linventaire.
Ces considérations étant posées, il est facile de donner des exemples. Presque trop facile, puisque la présentation de ces éléments est un des ressorts essentiels de lactivité artistique, quand elle est représentative, et quil appartient essentiellement aux éléments du trésor quils puissent être présentés.
Par " présentation ", jentends ici que limpossibilité au savoir soit manifeste.
Et comment pourrait-elle lêtre, sinon par un travail de pensée, dès lors quil ny a jamais de pensée que du vrai une fois la pensée définit par son impossibilité subjective ?
Je ne veux pas trop sortir de mon sujet en développant cette idée qui me semble décisive, mais cela nest pas sans impliquer quon reconnaisse à la nature une capacité de penser, alors quune telle idée serait parfaitement grotesque si on lui donnait un statut réflexif, puisquelle renverrait à on ne sait quel mysticisme plus ou moins panthéiste, à on ne sait quel romantisme avec lesquels une pensée un tant soit peu respectueuse delle-même ne saurait aujourdhui se commettre. Non : je veux seulement rappeler ainsi quil appartient à la nature dêtre identique à sa propre impossibilité à soi et par conséquent à toute production naturelle de pouvoir être reconnue comme une production de pensée, dès lors que limpossibilité à soi, quand elle est actuelle, suffit à définir la pensée (laquelle nest donc en rien concernée par cette réalité humaine triviale quon appelle psychisme). Dire que la nature pense, cest dire par conséquent que les productions de la nature ont pour " nature " dêtre naturelles la notion de " nature " (avec les guillemets que je lui attribue toujours) renvoyant à limpossibilité à soi que javais présentée de manière positive en disant quil était naturel (ou surnaturel, ce qui revient au même, puisque le surnaturel est un naturel de second degré) quil y ait la nature. La nature, pourtant identifiable à luniverselle nécessité, donne quand une réalité simpose à partir du fond que, précisément comme nature, celle-ci est toujours antérieurement à elle-même. Car si lon nomme " naturelle " toute chose qui relève de la nature, on doit dire que la nature elle-même nest pas naturelle ; or justement : il est naturel quil y ait la nature cette nature qui, de nêtre assurément pas naturelle, est par là même identique à sa propre impossibilité. Eh bien la nature, en ce sens très précis, est sujet : il y a des dons que la nature nous fait (par exemples la neige qui tombe à gros flocons sur le jardin, le chant dun oiseau dans la brume dun matin dété ), parce quelle nest alors rien dautre, comme sujet réel, que sa propre impossibilité. Je veux dire que la nature donne, car elle est impossiblement sujet et que la donation tient précisément à cette impossibilité. Doù cette conclusion que la nature aussi, dans ce cas qui est très précisément celui de notre gratitude et du devoir de respect que nous avons envers elle, est source de " leçons de vie ".
Bref, tout cela pour dire que certains des éléments de notre trésor peuvent être dorigine naturelle. En voici un, dont Kant nous a indiqué quil faisait partie du sien : " le ciel étoilé au dessus de nous ".
Dautre part jai souvent expliqué que la pensée consistait à opérer une distinction, celle de la vérité que dès lors on ne confond plus avec la réalité, alors même quil est par principe exclu quil y ait jamais autre chose que cette réalité. Faire cette distinction, cest lart ; la dire, cest la philosophie laquelle sentend bien sûr de ce que dire soit faire. Dans les arts de la représentation comme le roman ou cinéma (dans dautres arts apparemment représentatifs comme la peinture portraits, paysages, natures mortes, etc. ou la sculpture statues, allégories, etc. le représenté importe assurément, mais il ne compte pas), comme aussi dans la philosophie (par conséquent), il appartient à lauteur de nous donner une uvre (un livre, un film) qui soit elle-même une donation ! Car telle est la question de ce que nous pourrons par après réfléchir en " leçons de vie ", sagissant de représentations : que la pensée soit la donation dune réalité, le vrai (par exemple un tableau), ayant lui-même à être le sujet dune donation, laquelle lest par définition toujours du vrai(par exemple de vieux souliers de paysans pour garder la référence désormais canonique) . Voilà en quoi consiste la pensée représentative, quand il sagit bien de pensée et par simplement de représentation comme lest par exemple le calcul des propriétés et l" arraisonnement " servile des choses. En ce sens il est déjà évident que des livres ou des films peuvent appartenir à notre trésor (je rappelle que la rencontre dune uvre, par opposition à laperception dun " produit culturel ", est une épreuve : quelque chose dont on ne se remet pas).
Dans les arts de la représentation, donc, cest le vrai comme tel et non pas comme objet pour lactivité représentative qui est représenté et cest pourquoi lart donne toujours des leçons de vérité à une réalité dont on aurait pu croire quil se contentait de la servir.
Par exemple la vraie dépression économique des années 20 se trouve dans Les raisins de la colère (je parle en même temps de Steinbeck et de Ford) alors même que le film est en grande partie tourné en studio, avec un réalisateur et un acteur principal déjà riches et célèbres, et qui nont dès lors pas trop souffert dans leur vie réelle de ce qui ruinait les petits fermiers. En philosophie, nous avons déjà vu que le vrai, dont luvre philosophique est la donation, devait sentendre comme " nature ", laquelle produit expressément un effet de vérité qui nous met en quelque sorte au pied du mur de notre pensée. Par exemple nous avons à affronter la question de la morale (notamment dans son opposition à léthique, pour reprendre ce quon vient de voir), telle que sa " nature " kantienne nous oblige à la penser, et il va de soi que cet affrontement, quand on ne lesquive pas, est lui-même un acte de pensée.
Bref, pour prendre des exemples déléments du trésor, il faut quils soient vrais cest-à-dire quils aient été pensés ce qui nexclut paradoxalement pas leur " nature " naturelle, parce que si cest la distinction du vrai qui fait la pensée, il faut dire que la nature, dêtre toujours déjà distinguée parce que ne différant pas de sa propre impossibilité, " pense ". Il y a de la pensée dans la nature, et chacun peut citer de nombreux paysages qui lattestent irrécusablement. Ces paysages, ils peuvent alors appartenir au trésor : la réflexion nen fait rien, mais ils donnent toujours à méditer. Et la reprise réflexive de cette méditation, je dis que cest une " leçon de vie " que la nature nous aura donnée, comme le plus sage des hommes aurait pu le faire si la sagesse nétait pas une imposture. Quune plaine, des arbres, des bancs de brume encore accrochés aux herbes et des rochers couverts de mousse rassemblés seulement par notre regard ne veulent rien dire et par conséquent nenseignent rien, cest ce que nul ne contestera. Eh bien, il y a parmi nous des gens qui, en acquiesçant à cette évidence bruyante, nen accueillent pas moins une " leçon " silencieuse. Ces gens, je dis quils ne sont pas sans âme.
Je vous remercie de votre attention.
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