Autorité et responsabilité
Lauteur est un donateur de responsabilité au sens où il nous met au pied du mur de notre décision : devant le vrai, il faut que nous décidions de le reconnaître, parce que sa distinction davec le réel nest pas une différence particulière quun savoir permettrait dassumer dans lanonymat dune compétence. Cest vraiment de moi quil sagit quand je prends la décision de reconnaître comme uvre ce qui ne sautorise daucune raison que je pourrais entériner, mais seulement dun nom, qui napporte rien et ne veut rien dire. Dun autre la condition objective de cette décision, dès lors quelle relève de leffet de vérité et quelle nest pas un caprice, est que lauteur se soit autorisé de lui-même puisque, contrairement au travail qui peut répondre à la question de savoir ce quon est (un tableau indique un peintre, un texte indique un écrivain, etc.) le nom indique seulement qui lon est. La décision dont le spectateur est donc responsable concerne donc le refus de céder sur la distinction entre la question qui et la question quoi, la première étant toujours sans raison et la seconde toujours autorisée du savoir. Celui qui prend la responsabilité de maintenir la distinction entre qui et quoi, cest de lui que nous recevons notre responsabilité de ne pas la dénier. En quoi cest de notre propre vérité quil sagit, sil ny a duvre pour nous quà ce quelle ait marqué, quà ce que par elle, désormais, nous soyons un autre.
Lautorité est une responsabilité préalable
Que lauteur donne une responsabilité, cest ce que montre la souffrance de personnes que leur culture insuffisante interdit daccéder à cette production de lesprit que toute uvre est forcément par ailleurs : un nom dauteur suffit à les culpabiliser de ne " rien comprendre ", de ne pas éprouver de plaisir, de sennuyer. Un nom dauteur mais pas un nom de scripteur quelconque, quil soit savant ou populaire. Jaccorde évidemment que la souffrance en cause est dabord celle dune exclusion sociale (" tout cela nest pas pour moi "), mais je crois quil faut passer de la réalité de ce sentiment à sa vérité, qui ne peut pas être étrangère à son objet. Un tableau de Picasso somme tout spectateur de léprouver comme une uvre, et lui donne tort quand il ne le fait pas. Cela signifie très concrètement que le nom, dont nous savons quil suffit paradoxalement à constituer luvre, est lautorité devant quoi le spectateur est responsable de sa vision, de son plaisir ou de son ennui.
Lauteur est en ce sens lautorité devant laquelle nous avons à répondre de nous-mêmes, si lon admet que cette réponse se fait en irréductibilité à la compétence quun plus ou moins grand savoir nous aurait conféré : luvre, on ne choisit pas en sautorisant de son savoir, mais on décide de la reconnaître, en sautorisant de soi. Doù le caractère angoissant des uvres, qui laissent toujours sans appui et sans référence : il faut prendre sa responsabilité. Le malaise des personnes incultes devant les uvres quelles peuvent être amenées à rencontrer tient à ce quelles ne sont pas sans savoir que, sous les choix nécessitant une compétence quelles ne sont généralement pas coupables de ne pas posséder, cest originellement dune décision quil sagit, et que sabriter derrière une incompétence (par ailleurs très réelle) est une lâcheté, une défection. Car dans la décision, la question de la compétence et de ses conditions sociales dappropriation ne vaut absolument pas, même si elle est indubitablement très importante. Alors quelles devraient être entièrement excusées, ces personnes sen veulent : à leur propres yeux, elles relèvent dune culpabilité personnelle, une vraie culpabilité (celle quon ne peut pas dissoudre en disant quon ne savait pas ou quon ne pouvait pas savoir). Identifié à son nom, lauteur apparaît ainsi comme lautorité qui conditionne la reconnaissance de luvre comme étant la responsabilité même du spectateur ou du lecteur, irréductiblement à toutes les conditions de toutes sortes.
Il ny a pas de responsabilité sans autorité devant quoi elle ait à se poser comme telle. La question de lauteur nest donc, de ce point de vue, pas celle de la responsabilité, mais celle de lautorité qui conditionne la responsabilité.
Dun autre côté, il est bien certain que lauteur est le paradigme de la responsabilité, puisquon nest responsable quà la condition de sautoriser de soi, et quon appelle précisément auteur celui qui agit en sautorisant de soi.
Articuler entre elles les notions dautorité et de responsabilité renvoie donc à une contradiction apparente, dont on peut indiquer synthétiquement la nature en disant que lautorité devant quoi il y a responsabilité doit déjà elle-même être faite de responsabilité.
Jamais on ne se sentira responsable devant un irresponsable. Dans la vie quotidienne, on dira par exemple que lemployé est responsable devant le chef de bureau, lequel est responsable de la bonne marche du service, mais quil nest pas responsable devant le commissionnaire (sauf pour ce qui est de la responsabilité de celui-ci). On peut être responsable dun irresponsable, par exemple un animal dont on a la garde, mais on ne le sera devant lui quà lui supposer une responsabilité plus originelle et donc supérieure (par exemple celle de supporter, infiniment plus que nous à cause de son innocence de principe, la réalité du mal). Ceci vaut pour la responsabilité en général, qui renvoie par conséquent à une chaîne dautorité, dont il faut nommer " auteur " le premier maillon.
Voilà en quoi on peut dire que les auteurs donnent aux humains leur humanité
La responsabilité : imputation, ou garantie ?
Quand je dis quil appartient à la responsabilité quelle se précède elle-même parce quon nest jamais responsable que devant une autorité, et quil ny a dautorité que responsable, je souligne un paradoxe de structure quà mon avis on peut présenter par lalternative de limputation et de la garantie.
Car dune part on désigne comme responsable un sujet auquel une action avec ses conséquences peut être imputée, et dautre part on désigne comme responsable un sujet qui peut très bien navoir rien fait mais qui garantit le respect de certaines obligations. On pourrait opposer simplement deux types de responsabilité, si la nécessité dans laquelle se trouve lautorité qui garantit nétait en même temps une imputation au moins possible (si les employés travaillent trop mal, cest le chef de bureau qui sera sanctionné : on lui imputera la défaillance du service). Opposons donc momentanément lagent et le garant, en ayant présent à lesprit quil sagit là des deux faces dune même nécessité.
Une compréhension rapide fait de lagent une sorte de cause, dont laction imputable serait leffet limputation proprement dite sentendant comme lexplicitation dun rapport de causalité. Et certes, il faut bien admettre quimputer consiste à dire que quelque chose est le fait de quelquun. Mais je crois quil faut critiquer cette évidence et que lidée dun rapport de causalité est intenable. En effet, il faudrait, pour quon parle de responsabilité, souligner la nature personnelle du lien : un agent, ce serait une cause personnelle. Et dailleurs on appelle bien " personne ", en philosophie morale et juridique, le sujet auquel on peut imputer quelque chose. Or comment une cause pourrait-être être personnelle ? La nature dune cause, bien au contraire, est toujours dêtre réelle cest-à-dire impersonnelle.
Il est certain quune personne possède une certaine réalité (physique, sociale, psychologique, etc.) et que cette réalité se retrouve dans tout ce quelle fait : toute réalité conséquente exprime la réalité antécédente, forcément. Or est-ce que la notion de lauteur, dont on vient de voir pourquoi elle fournissait le paradigme de la responsabilité, ne sentend précisément pas à lencontre de ces évidences ? Car enfin, si luvre exprime son auteur, comme assurément elle le fait, en quoi sommes-nous le moins du monde concernés ? Les phrases de Proust expriment ses difficultés respiratoires et le milieu quil décrit exprime son appartenance à la grande bourgeoisie. Bien sûr, mais faut-il lire tous les asthmatiques et sintéresser à tous les grands bourgeois ? Non. Pourtant il faut lire Proust. Pourquoi ? Pour une seule raison, il est Proust ! Labsolu de la contingence balaie toutes les nécessités et cest dans cette opposition que luvre se donne à reconnaître. Bref, toutes les raisons importent autant quon voudra, selon ma formule, mais elles ne comptent absolument pas.
Je vais même plus loin : là où il y a causalité, il y a irresponsabilité. Comment en effet la cause pourrait-elle ne pas produire deffets, dès lors quelle est une cause ? Comme il appartient à la nature de la pluie de tomber, il appartient à la nature des causes de donner lieu à des effets. Par contre, si lon admet que toute responsabilité renvoie au moins implicitement au sujet dune décision, alors on a toujours déjà récusé ce rapport de causalité, puisquil ny a décision quà linstant où la réalité (et donc son savoir) ne compte plus, et quune cause est précisément un type de réalité : quand on décide, on se jette sans savoir dans lavenir (par opposition au futur) et, contrairement à ce quon pourrait arguer sagissant dun choix, la réalité ny est absolument pour rien. Lidée même dune causalité personnelle est donc une contradiction dans les termes : une cause ne décide pas de produire ses effets, mais elle les a toujours déjà produits sans y être pour rien (précisément : elle nest rien dautre que le fait que les effets soient des effets !).
A quoi peut-être on répondra que lauteur nest rien que le nom qui constitue luvre comme telle. Mais alors cest lautorité de ce nom, et donc la constitution même de luvre, qui devient incompréhensible, dès lors quon vient dadmettre quil appartenait à lautorité dêtre elle-même faite de responsabilité. Non, lauteur est bien un sujet personnel : un sujet dont la responsabilité (sautoriser de soi-même, par opposition à sautoriser de son savoir ou de sa place) est telle quil fait autorité et par là distingue tout ce quil aura posé.
Le nom doit sentendre uniquement comme distinction : il répond à la question qui, alors que toute autre réponse (le visage mis à part) répond seulement à la question quoi. Si donc le nom est ce qui compte quand il sagit de luvre, cela signifie quil appartient essentiellement à celle-ci de sinscrire dans la problématique de la distinction quil faut faire entre qui et quoi. Et cette distinction, vous savez depuis longtemps quil faut la nommer vérité. Car cest uniquement par la vérité quun sujet cesse dêtre quelque chose (notamment un sujet !) pour être quelquun
Linconsistance de cette distinction entre quelquun et quelque chose, cest linconsistance de la vérité, et par conséquent aussi limpossibilité quil y ait des raisons pouvant justifier de manière satisfaisante la reconnaissance de luvre.
La responsabilité du spectateur est celle du maintien de la distinction entre qui et quoi, en reconnaissance luvre exclusivement à partir du nom. Et cest bien une responsabilité, car on ne peut pas trouver de différence entre qui et quoi puisque quelquun, cest quelque chose : un sujet personnel.
Comment penser limputation, une fois dissipée cette illusion de la causalité personnelle ?
Eh bien je crois quil faut le faire en passant au second sens, celui de la garantie : on ne peut à mon avis imputer quelque chose à quelquun quà ce que cette personne ait garanti la distinction de ce quelle va faire. Autrement dit ce que nous avons à reconnaître dans la distinction que je viens de rappeler, cest une opération de garantie personnelle dont on peut réfléchir la notion en disant quil sagit de ne pas céder sur la réponse à la question qui (le nom, qui suffit à constituer lauteur). Voyons comment.
Quest-ce garantir ?
Lauteur ne peut pas être la cause de son uvre parce que celle-ci ne serait alors quune chose triviale parmi une infinité dautres, mais il la garantit, et il le fait de ne pas céder sur la distinction qui oppose originellement la question qui à la question quoi.
Quand je lis un certain nom sur la couverture dun livre que je ne connais pas, je lachète pour ainsi dire les yeux fermés, parce que le nom me garantit non pas la valeur de louvrage (on peut multiplier les exemples de livres objectivement mauvais chez beaucoup décrivains javais cité une fois La femme de trente ans) mais sa vérité. Forcément : ne considérer que la causalité nominative, cest bien dire que cest la marque apposée sur la couverture qui fait le vrai livre, quoi quil puisse être par ailleurs dans sa réalité. Bref, lidée de la garantie auctoriale est celle de la distinction de louvrage qui par là même devient une uvre, et nullement celle de la différence de qualité quil y aurait entre cet ouvrage et dautres également disponibles : le nom dauteur indique le génie (qui lon est) et nullement le talent (une aptitude forcément anonyme).
Puisquune cause peut seulement produire une différence et non une distinction, la garantie quon tient du nom de lauteur (garantie qui est la constitution même de luvre comme telle et non pas un avis donné à léventuel acheteur !) doit sentendre à lencontre de toute réalité.
Dans la vie courante, lidée de garantie renvoie à cette opposition. Si jachète un appareil qui est garanti un an, cela signifie en principe que ce qui peut se passer concernant sa réalité (paradigmatiquement une panne) ne comptera pas : ma jouissance nen sera pas interrompue (on me le réparera gratuitement, ou on me léchangera). La panne peut être bénigne ou au contraire très grave : je nai pas à men inquiéter, pour moi cela revient exactement au même et, à la limite, cela revient à rien (si la garantie était parfaitement assurée, lutilisateur néprouverait pas le moindre désagrément). Garantir, cest donc assurer que lengagement sera tenu, quoi quil arrive cest-à-dire quelle que soit la réalité.
Est-ce alors dun engagement quil sagit, au sens strict ? Non : il sagit dune promesse.
Je rappelle la différence : dans lengagement, cest la réalité qui décide en dernière instance Par exemple je mengage à corriger un paquet de copies, mais il est bien évident que je puis tomber malade, avoir un accident ou même être tué avant davoir pu le faire ce nest donc pas vraiment moi qui décide, mais la réalité dont je fais partie. Par contre la promesse implique lidée quelle soit déjà la décision propre de celui qui parle et que la réalité ne comptera pas, quelle quelle soit par ailleurs. Si je promets, jaffirme que quoi quil arrive (même si jai changé de sentiments, même si je suis ruiné ou malade, même à la limite si je suis mort ) je ferai ce que jai dit. Voilà la garantie. Les garanties commerciales ont quelque chose de la promesse et pas seulement de lengagement, puisquobligation est faite aux constructeurs dassurer lapprovisionnement en pièces détachées non seulement après larrêt de la fabrication du produit (10 ans, pour les voitures même si une promesse au sens strict renverrait à lidée dune disponibilité indéfinie) mais encore après leur propre disparition, si elle a lieu. Bref, promettre, cest poser que la réalité ne comptera pas et que seule la parole quon donne comptera, littéralement envers et contre tout.
Le nom dun auteur est une promesse, sur la couverture dun livre, et le paradoxe de notre notion est que cette promesse ne peut pas ne pas être tenue, puisque la réalité éventuellement médiocre de louvrage nest pas ce qui décidera quil soit une uvre ou non. Je disais lautre jour que le livre qui demande que nous le reconnaissions comme uvre en est une par là même puisquil suscite une attitude de distinction et non pas dappréciation, autrement dit quil nous enjoint de ne pas considérer sa réalité mais sa vérité, et que cette injonction ne peut se faire en nous quà déjà avoir eu lieu en lui. La plupart des livres ne demandent pas cela : les textes de savoir (une thèse) ou les textes de plaisir (un roman policier quon achète à la gare pour que le voyage soit moins long) sont leur propre réalité : le nom de lauteur est parfaitement indifférent parce quils relèvent du service des biens, et que ce service este centré sur le sujet qui les mobilise (dans mes biens, cest toujours moi qui compte, et jamais eux). Pour de tels ouvrages, il y a assurément un engagement (un engagement de sérieux dans largumentation et les références, un engagement de plaisir dans la lecture des aventures du détective, etc.), mais jamais de promesse. Lengagement fait de la réalité lessentiel, et cest pourquoi il faut opposer lengagement à la promesse, dont relève la notion de garantie.
On ne garantit jamais quune seule chose : que la réalité ne comptera pas.
Revenons à la responsabilité, même dans son acception quotidienne, pour apercevoir que celui qui est responsable par exemple dun service administratif garantit à ses supérieurs que, quelle que soit la réalité du service (moyens matériels, difficultés de toutes sortes liées à létat de santé et à la psychologie des employés, etc.), la tâche quon a promis de mener à bien le sera. Pourquoi un responsable doit-il démissionner, quand des erreurs ou des fautes sont commises par des subordonnés, alors quil ne pouvait en avoir connaissance, voire même quil les avait expressément interdites ? tout simplement parce quil ny a pas de différence pour lui entre ne pas le faire et apparaître comme un homme qui na pas de parole ! Mais sil ny est absolument pour rien ? Justement : la promesse, cest que ce genre dargument soit invalidé davance, puisquil dit une réalité et que promettre consiste à poser que la réalité ne comptera pas. Dans la promesse, une seule chose compte, qui est la parole. Quand la réalité simpose malgré tout, cela signifie que la parole ne vaut rien et quon accepte cette infamie quand on ne maintient pas sa parole contre le nouvel état de fait ce qui est, concrètement, démissionner. Cest toujours pour nêtre pas un infâme quon démissionne et cest en être un que de trouver dans la réalité des raisons très réelles et en général irrécusables de ne pas le faire (mais qui nest pas plus ou moins infâme, au fond de lui ?).
Limputation devient claire : on nimpute jamais une action quà celui qui avait au moins implicitement promis de la mener à bien, et imputer nest rien dautre que rappeler une promesse.
A limpossible nul nest tenu, paraît-il. Cest la formule de lengagement. Eh bien cest précisément contre cette évidence par ailleurs irrécusable quon peut parler de promesse, et par conséquent dauteur.
Quest-ce quun auteur, en effet, sinon celui qui fait ce quil était absolument impossible de faire ? Ecrire un bon livre, cest à la portée de nimporte qui : il suffit de travailler et si le livre est mauvais, cest simplement quon na pas assez travaillé. Autrement dit, écrire un bon livre est quelque chose de difficile mais de possible. Mais écrire La critique de la Raison pure, est-ce que cest possible ? Non. Il faut être Kant. Or Kant lui-même navais pas la possibilité dêtre Kant, puisque cest labsolu de sa contingence que je désigne ainsi !
Cela signifie que ce nom propre sur une couverture arrache le livre à lordre des nécessités quon peut se représenter. Autrement dit ce livre, on ne laperçoit pas, on le rencontre ; on nen fait pas lexpérience, on en fait lépreuve bref, il ne nous enrichit pas (si, mais seulement " par ailleurs ") : il nous marque. Aucun de ceux qui ont lu La critique de la Raison pure ne sen est remis. Voilà luvre : une promesse tenue, cest-à-dire une impossibilité sur laquelle on naura pas cédé.
Ne pas céder sur limpossible, par opposition à ceux qui sen tiennent à ce qui est possible, cest marquer puisque cest localement récuser la vie de ceux qui reconnaissent, en tant quelle est compréhension du possible.
Que lauteur soit en même temps le sujet de limputation et le sujet de la garantie, autrement dit quà travers lui la notion de responsabilité apparaisse dans son unité essentielle, cest ce que nous sommes désormais en mesure de comprendre puisquimputer consiste à reconnaître une garantie et quon ne reconnaît une garantie quau lieu de limpossible.
Fait autorité celui qui se tient là où il est impossible de se tenir, et cest de ce quil sy tienne quon pourra ensuite lui imputer tout ce quil aura fait ou quil naura pas fait.
Je conclus donc la séance daujourdhui, la dernière de cette année, en rappelant que lautorité tient à une impossibilité dont la promesse est toujours lindication. La promesse, cest la parole envers et contre tout. Celui dont la parole compte parce quil se situe dans sa propre impossibilité alors que tout importe plus ou moins, cest lui qui fait autorité. Et lon doit pour cette raison le nommer auteur. Lauteur est celui que nul ne peut être qui nest par conséquent le semblable de personne, notamment pas de lui-même.
Je vous remercie de votre attention.
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