Lautorité comme impossibilité à soi
Nous
avons vu quelque chose de décisif, la dernière fois, à savoir que lautorité ne
sentendait que du manque dun terme dans le savoir disponible, terme à partir
de quoi tout ferait sens et qui justifierait à la fois la notion de sagesse et
lattitude de transfert. Mais la sagesse est une imposture et le transfert une
dissimulation, précisément celle de ce manque dans le savoir. Lautorité naît de
cette double nécessité, dont le principe est toujours limpossibilité de faire de
la vérité une sorte de réalité ou, si lon préfère, de considérer la
distinction comme une sorte de différence. Cest pourquoi lautorité est
toujours une absence, un retrait : ne pas être là où lon agit, parce que
cest depuis une absence radicale que se pose la nécessité de laction. Un
auteur, en ce sens, cest quelquun qui manque dans le texte quil
écrit : exactement le contraire de quelquun qui sexprime, puisque
lexpression est la présence du sujet dans ce dont il est le sujet. On peut en
réfléchir cette nécessité philosophique en disant que limpossibilité que la
vérité soit autre chose que la réalité (impossibilité qui cause
« éthiquement » le respect) est le sens du manque, qui est toujours celui
dun terme dans le savoir. Dans le cas de lauteur, le terme qui manque est
celui qui dirait enfin qui est lauteur quon lit
ce que nous, lecteurs, saurons après coup en reconnaissant la
« nature » de ce dont il nous aura parlé, en tant que ces natures
doivent être compris à chaque fois comme la vérité. Par exemple lambition est
vraie dêtre balzacienne, la jalousie dêtre proustienne, etc.
Autrement
dit, on peut poser après coup que le savoir manque dun terme parce quil
ny, là où il sagirait de dire ce quil en est vraiment de la vérité,
tout simplement rien à dire, dès lors quil ny a rien pour le dire ni
personne pour le dire : Balzac décrivant des ambitions ou Proust des jalousies
pouvaient-ils savoir ou dire quelles étaient balzacienne ou proustienne ? Ces
termes sont précisément ceux qui manquaient, dans leur cas. Cest donc les natures,
identifiées à leur impossibilité, qui font lauteur. Affirmation décisive, à mon
avis, pour penser lautorité (tautologiquement et littéralement : caractère
de lauteur en tant que tel).
Cette
corrélation, à mon avis, cest le caractère secret du nom, tel quon le voit
notamment à luvre dans les « natures » dont soccupe la
philosophie. En toute autorité, il sagit donc de ce secret, de cette impossibilité
originelle dun certain dit et aussi par conséquent de philosophie.
Assumer cette impossibilité en
reconnaissant quelle engage non le savoir mais lexistence, cest
reconnaître sa propre vérité dans le terme manquant.
La
vérité du sujet, cest la vérité dont il est capable. La notion de métaphore
personnelle dit cette nécessité, et jy reviendrai sûrement pour penser
limpossibilité que lautorité est forcément pour elle-même : une
impossibilité quil faut, à mon avis, rapporter à laberration quest
toute métaphore, autrement dit à son statut de discours impossible à tenir (on la
tient, pourtant, mais seulement là où lon est marqué hors du lieu commun
où lon est toujours le même).
La
vérité dont il est capable, précisément comme vérité, cest celle qui lui est
impossible, à cause de lindisponibilité originelle et définitive du terme qui
dirait enfin qui est
le sujet concerné, et donc ce quil en est vraiment de tout pour lui (ce que nous
reconnaissons en parlant de lunivers de Balzac ou de celui de Proust). La même
nécessité qui rend impossible quon sache enfin ce quil en est vraiment de la
vérité rend impossible quon réponde à la question qui, dès lors quon
cesse de la confondre avec la question quoi. Cette distinction ne peut se dire que de
manière délirante, puisque cest une distinction et non pas une différence
autrement dit elle na de réalité que dans la métaphore (un délire qui
« par ailleurs » est une comparaison). La vérité est deffectuer cette
impossibilité et donc dy répondre non pour soi mais pour la postérité
entendue non pas comme linstance à quoi il faudrait se soumettre (en quoi les
hommes du futurs mériteraient-ils plus notre soumission que ceux du présent ?) mais
comme laprès coup dune réponse qui nous échappe toujours et qui, de ne pas
rester perdue pour tout le monde, conserve suffisamment de positivité pour faire
travailler. Par postérité, jentends donc le lieu de reconnaissance des
« natures », qui ne peuvent être inventées que dans une aberration,
autrement dit que dans ce qui nest pas un signe la marque. La vérité
dun sujet réside toujours dans la marque quil laisse : celui qui ne
marque pas nest pas vrai parce quil na pas lui-même été marqué, ni
par conséquent nest jamais advenu comme sujet pour la métaphore, si vous
maccordez que la métaphore est le discours quon tient depuis sa propre
impossibilité, cest-à-dire depuis le fait de nêtre jamais revenu de quelque
épreuve (mais par ailleurs, cest-à-dire là où la métaphore est une comparaison
donc là où elle ne fait pas autorité on est toujours le même).
Voilà
ce quon respecte, dans une personne : son impossibilité et par conséquent sa
folie non pas surtout comme une pathologie mais comme ce qui fait que la métaphore
nest une comparaison que « par ailleurs ». Cest ce que
jappelle sa vérité, ou encore sa distinction, cette distance quelle est avec
elle-même comme le qui se distingue du quoi.
Cette nécessité que je viens de poser est lenjeu du respect : on respecte toujours à avoir reconnu dans ce quon respecte le secret du nom, autrement dit son manque, en tant que terme disponible. Bien sûr il sera disponible un jour, comme je viens de le dire, par exemple pour nous qui sommes désormais en mesure de reconnaître le caractère platonicien des Idées, des millénaires après la mort de Platon qui pouvait tout dire sauf cela. Cest ce « sauf » qui constitue son discours comme vrai, en distinction de lui-même (cest-à-dire de la métaphysique platonicienne). Là est lautorité : le fait que Platon soit un auteur.
Par conséquent je peux dire que le respect vise ce terme absent qui dit en même temps la vérité qui compte (par opposition à la réalité qui importe) et qui dit ce quil en est vraiment de la personne : quelle existe en première personne, cest-à-dire sans le savoir au sens où Platon ne savait pas que les Idées étaient de nature platonicienne, en pas simplement comme un sujet.
Dans
tout cela, ma thèse est quil faut reconnaître le nom secret, celui que nous
voyons à luvre à
la fois dans tout ce qui mérite dêtre appelé vrai (cela qui ne peut se faire ou se dire
quen première personne) et dans tout ce quon peut réfléchir comme vrai (les
« natures » qui sont le seul objet de la philosophie, dès lors quon
admet tautologiquement que tout philosophe est un penseur). Ce voir portant sur
limpossibilité au savoir, je dis que cest la nécessité éthique. Un
paradoxe dailleurs, que lautorité appartienne autant à la vision quau
langage. On parle toujours du regard de lautorité. Mais je crois quen
général on la confond avec la maîtrise ou encore, dun point de vue subjectif,
avec le surmoi. En vérité, il sagit plutôt de ce voir quon mentionne
en disant « je ne vois rien ». Retournons ce « voir », donnons lui
un objet (dès lors impossible) et lon parle de la première personne, donc du
génie ou de léthique (ce qui est exactement la même chose, ici). Par exemple
Platon voyait bien que
dans les choses, ce qui comptait, cétait leur nécessité idéale. Cest dans
ce voir quil
était (vraiment) lui, quil était un auteur, que sa parole manquant du terme
qui aurait dit ce quil voyait fait autorité.
La
question de lautorité est toujours celle du nom secret précisément
en tant que secret, cest-à-dire en tant quon ne peut pas sen autoriser
à la manière dont les médiocres se définissent non pas deux-mêmes mais de leur
place ou de leur savoir (ce que tout le monde fait presque tout le temps et ce que
nul ne fait là où il est marqué). Jai exprimé cela en disant que
lautorité était limpossibilité éthique du transfert. Et certes,
transférer (nous le faisons tout le temps, mais alors nous ne nous autorisons pas de
nous-mêmes) consiste à sautoriser dun savoir supposé (par exemple,
cest forcément du savoir médical quon sautorise pour être malade),
autrement dit à considérer, à linstar du sujet servile de lexpérience, que
cest toujours le savoir qui compte. Eh bien, je crois quon peut nommer
autorité la simple impossibilité éthique de cette position. Ainsi celui qui sautorise de
lui-même ne verra pas dans le savoir quil suppose aux autres la vérité de ce
quil fait (exemple de lartiste qui continue à suivre sa voie, quil
rencontre ou non lapprobation du public exemple aussi de la postérité au
sens habituel, qui détiendrait lultime vérité de la valeur des choses), et verra
encore moins dans les confirmations de lexpérience la preuve quil a raison.
Parce
quavoir raison ne consistera jamais à se soumettre mais, justement, à
sautoriser de soi-même (autrement dit la vérité réside dans les effets de
déplacement de ce qui est fait en première personne : de ce que nul ne peut ni ne
doit faire à notre place).
Le
meilleur exemple de cette nécessité est évidemment la philosophie : qui se demande
jamais si le monde correspond effectivement à la doctrine de tel ou tel
métaphysicien ? Personne naurait lidée de croire à la volonté en Dieu ou au vouloir
vivre, alors quon a raison de lire Malebranche et Schopenhauer, dy
reconnaissant le génie autrement dit la vérité (il sagit de livres quun
seul pouvait et devait écrire). Je le dis autrement : on a raison de les lire parce
que ce sont des auteurs
terme qui, je le répète, indique seulement lautorité (par opposition à la
trahison de soi-même de celui qui sautorise de son savoir ou de sa place). Et
lautorité, cest sautoriser de son propre nom secret, celui dont sans le
savoir tout relève
non pas quant à sa réalité mais bien quant à sa vérité, dont les
« natures » sont toujours lindication philosophique.
La
signification du respect apparaît donc inséparable du caractère secret du vrai nom,
celui là même dont toute philosophie est uniquement la
réflexion : on ne respecte jamais que du philosophique, en tout puisquil ny a
jamais philosophie que des « natures », comme toute lhistoire de cette discipline
lenseigne.
Ce qui
revient plus simplement à rappeler que la philosophie est le discours autorisé en tant
que tel : celui quon ne peut tenir quen première personne. Là est la
distinction, notamment, qui définit la philosophie à lencontre de la
métaphysique. Cest dans ce déplacement que je vois la vérité de ces
doctrines cest-à-dire
leur autorité.
Mais
quest-ce que cela veut dire, concrètement, cette causalité
« distinctive » du nom propre (cest-à-dire du nom secret) ?
autrement dit : quen est-il de ce qui a été fait en première personne ?
Tout le monde connaît la réponse à cette question : cela signifie que, dans des
uvres comme celles dont je viens de parler, ce qui comptent nest pas
quelles nous représentent plus ou moins adéquatement une réalité à laquelle il
faudrait avoir depuis toujours décidé de se soumettre, mais cest simplement
quelles existent !
Ce qui
compte, cest donc indistinctement le nom secret (nom de lauteur comme tel
cest-à-dire justement comme impossible à reconnaître pour soi : être soi
sans le savoir) et lexistence. Lautorité est cette indistinction comme extériorité au savoir.
Lautorité
apparaît ainsi dans limpossibilité dopposer le nom secret et de
lexistence : cest de manquer dans la disponibilité générale du savoir
que le nom secret correspond à lexistence. Car lexistence, tout simplement,
cest limpossibilité que le savoir puisse jamais compter. Et comment
lexistence pourrait-elle renvoyer le savoir à son essentielle inanité, si elle ne
le faisait depuis limpossibilité quil soit jamais total, autrement dit depuis
le manque dun certain terme qui dirait enfin ce quil en est vraiment de tout
en disant le vrai sur le vrai ? Bref, « tout sauf ce qui compte », voilà
la formule de lautorité, indistinction du secret du nom propre et de
lexistence de luvre. On appelle respect sa reconnaissance.
Lautorité est limpossibilité éthique dopérer une distinction entre limpossibilité de dire le nom des « natures » et une existence qui, dès lors quelle est ce qui compte dans le vrai, doit dès lors être dite propre. Ainsi : ce qui compte dans luvre de Platon, cest quelle existe et non pas quelle nous apprenne ceci ou cela ; et cette vérité est inséparable de ceci que, dans les objets de Platon, tout est de « nature » platonicienne. Lexistence et le nom secret sont comme le recto et le verso de lautorité. Concrètement, cela signifie que nous éprouvons du respect pour le vrai parce quil est autorisé dun nom que nous reconnaissons pour secret (par exemple quand nous parlons de la causalité platonicienne entre lidéal et le réel) et parce que cest en lui-même, et non pas comme objet de notre aperception, quil existe.
Dès lors rien de ce quon pourra dire du vrai ne comptera jamais (en opposition, par exemple, à ce quen dit Platon quand il est en impossibilité de lui-même cest-à-dire dans son propre génie). Dire cela, cest dire quon restera marqué davoir rencontré le vrai ou, inversement, que lon doit nommer vrai ce qui marque de renvoyer à rien ce que, par ailleurs, nous aurions raison den dire.
Je reviens à ma notion essentielle en disant que là où le savoir ne compte pas est la marque. Cest pourquoi on peut indifféremment définir le vrai en disant quen lui ce qui compte cest quil existe, et en disant quil est produit comme tel par la marque par exemple tel texte qui na pas été écrit par celui que Platon était « par ailleurs » et que nimporte qui comprendrait. La marque barre la compréhension (ce nest pas un signe) et par là amène dessine un lieu de vérité comme le lieu dorigine de notre respect. Inversement, le respect tel que limpose lindistinction du caractère secret du nom et lexistence de la chose désigne la marque dont la notion de génie est expressément lindication.
Ce qui nest pas marqué est toujours déjà épuisé par le savoir quon peut en avoir et qui est seul à compter (autrement dit cest un objet dexpérience) et son existence ne compte pas. Et dire cela, cest dire quil est sans vérité, puisque sa vérité nest pas la sienne : cest mon savoir. En quoi on désigne la réflexion. Cest le même de dénoncer, comme je le fais, lexpérience comme lieu de la vérité et de souligner son caractère réflexif (réflexif signifie que ce qui est concerné ne compte pas et quen tout il sagit de soi comme sujet du savoir).
Jamais,
paradoxalement, la réflexion ne fait donc autorité (sinon circulairement pour la
réflexion elle-même) puisque ce qui en dirait la vérité toujours et que
cest précisément en cela quelle est lautorité. Là où il y a
réflexion, lautorité est impossible : si je nobéis quaux ordres
que japprouve, cest simplement que je nobéis pas. Pas de différence
par conséquent entre sinstaller dans lattitude réflexive et ne pas respecter
lautorité, cest-à-dire ne pas la reconnaître.
On le
voit aussi bien dans le domaine des études philosophiques où le travail des
commentateurs, si intelligent et savant quil soit, est voué à loubli avant
même dêtre rédigé (les commentateurs platoniciens ou cartésiens qui faisaient
éventuellement autorité auprès de leurs semblables il y a quelques lustres, on
retrouvé aujourdhui leur néant naturel) par opposition à celui des auteurs qui
comme tels, cest-à-dire précisément comme autorités, seront lus tant quil y aura
des êtres humains capables dêtre en question pour eux-mêmes (Platon ou Descartes,
il faudra toujours les
lire puisque cest notamment dêtre marquée par eux que lhumanité est vraiment
elle-même).
Mais on
le voit encore mieux dans le domaine qui se définit expressément par la réponse
réflexive quil donne à la question de lhumanité, et qui est la morale (agir
bien, cest faire ce que nimporte qui aurait raison de faire). En effet :
lobligation morale nest quune idée, si elle ne renvoie pas à une
décision irréfléchie,
que pour cette raison on dira éthique, concernant la position quon
prendra relativement à elle. Car il ne suffit pas que la nécessité morale soit
réelle : il faut encore quelle soit valable et quelle le soit
valablement ! De même que les stoïciens demandaient paradoxalement de
« prouver la preuve », de même devons-nous reconnaître avec Kant que la
question de la morale nest pas du tout celle de la volonté réflexive (sinon nous
serions naturellement des saints, la moralité étant identique à lexercice de la
volonté, cest-à-dire au fait dagir daprès la représentation de la
loi) mais celle du libre arbitre, quelque chose dincompréhensible à la réflexion
mais où nous ne pouvons nous empêcher de situer la réponse à la question de savoir qui
une personne est vraiment ! Là, et non pas dans
luniversalité réflexive, se pose la question de lautorité de la morale
quune personne peut exercer.
Rien de
ce que nous posons réflexivement ne fait jamais autorité, parce quil faut
préalablement avoir décidé de la valeur quon accordera à la réflexion, et que cest seulement au
niveau de cette décision quon peut parler dautorité précisément
parce que cest une décision (éventuellement pour une éthique de la trahison) et
non pas un choix.
Ainsi,
il est impossible de choisir le mal : ni formellement car
alors il sagirait de bonne volonté (la volonté étant bonne de faire abstraction
de ses objets, dit Kant) ni matériellement car la souffrance est le seul rapport que nous
puissions avoir à la réalité du mal ; par contre, on peut avoir décidé depuis toujours dêtre
mauvais. Et cela ne peut pas être réflexif, forcément. Eh bien cest là, au lieu
de cette décision que Kant appelle le libre arbitre, que se situe la possibilité pour
une personne concrète (par opposition au représentant anonyme de lhumanité que
quiconque est forcément) dêtre respectée, parce que cest là quelle
est en absence delle-même.
On nest jamais contemporain que de ses choix (effectuation du savoir comme tel
dans sa dimension de production subjective) parce que la question de la présence est
identique à celle de lanonymat (je choisis toujours ce que nimporte qui
choisirait à ma place). Par contre la décision est toujours passée, elle est toujours
déjà prise, parce quen elle linstance nest pas la réflexion mais la
sensibilité laquelle est instituée comme telle par les marques.
En
effet, y reconnaître le lieu de léthique, cest reconnaître quelle
nest pas naturelle ; et si elle nest pas naturelle cest
quelle est produite dès lors forcément par les marques, puisque marquer et
sensibiliser (au sens de rendre sensible) sont le même. Toute marque étant marque de
lorigine (elle est le reste de lépreuve donc du sujet quon est
« désormais »), il appartient à la question de lautorité de ne se
poser quau passé, parce quil ny a dorigine que passée
ou plus précisément que plus ancienne que toute ancienneté. Cest la raison
pour laquelle il est impossible de prendre une décision présentement : la prendre, cest constater
quelle est prise au fond de soi depuis un certain temps (parfois depuis toujours,
comme le remarque Kant à propos du libre- arbitre). Lautorité se constitue de
cette impossibilité de sa propre présence, phénoménologiquement.
La
distinction du choix et de la décision (ou, en langage kantien, de la volonté et du
libre arbitre) fait apercevoir que la réflexion a seulement lautorité quon lui accorde, ce
qui signifie tout simplement quelle nen a pas. Comprendre que lautorité
est exclusive de la réflexion, autrement dit que lautorité est une question
déthique, cest comprendre que sa question est encore celle de la marque
de lépreuve dont on nest pas revenu, et dont par là même procède le
vrai.
Je ne
dis rien là de nouveau : nous le savons depuis longtemps, exactement depuis que
jai indiqué quon ne respectait jamais que les gens qui sont dune
manière ou dune autre marqués. Les autres, on a seulement lidée quil
faut les respecter. Cest lopposition du respect en général qui vaut pour
nimporte qui (une nécessité purement idéale et abstraite) et du respect
particulier qui concerne toujours des êtres distingués. Et distingué, cela veut dire
marqué.
Lautorité
est par conséquent toujours du côté du passé. Ce passé de lautorité quon
désigne en parlant des marques (ou de lorigine car toute marque lest de
lorigine), cest de lui quil sagit dans la philosophie, réflexion
(présente) de ce qui est déjà vrai et quon peut nommer les
natures au sens où elles sont des marques. Par exemple le rapport de lIdée et de
la réalité nest rien dautre que la marque quy a imprimée Platon, dès
lors autorisé de lui-même comme impossible autrement dit auteur.
Jarrête ici et je vous remercie de votre attention.
Retour en haut de cette page