Jai introduit la dernière fois la notion dautorité dans sa corrélation à celle du respect, dont lobjet est le vrai autrement dit le distingué. Le distingué, dans tous les domaines, se caractérise par son autorité, puisquil impose le respect. On peut certes dire que tout respect est respect de lautorité, mais il faut sortir de la réciprocité de ces deux notions. Cest ce que permet de faire la problématique des marques, puisque la notion de marque permet une approche positive de la question de la vérité : la vérité se reconnaît à son lieu, en ce sens quelle est là où le savoir ne compte pas. Le vrai est distingué parce que sa réalité ne compte pas, en ceci déjà que ne compte pas le savoir dont il relève, mais seulement quil existe, ce que pointe la marque, en récusant que le savoir et donc la réalité, puissent jamais compter. Le respect, ainsi défini à lencontre de toute possibilité dexpérience, concerne toujours quelque chose dont lexistence compte et pas la réalité raison pour laquelle, par exemple, lamour comprend nécessairement du respect, puisque ceux que nous aimons, nous leur rendons grâce dexister. Ainsi lamour est gratitude envers lexistence ce quon peut encore traduire ou bien objectivement en disant que lamour est toujours amour du vrai (on naime que là où le savoir ne compte pas), ou bien subjectivement en disant quon a toujours raison daimer. Bref, il faut partir du vrai pour penser le respect qui en est la reconnaissance, telle quon la voit notamment impliquée dans lamour.
La signification du respect, si elle est reconnaissance du vrai comme tel, concerne le marqué, puisque le vrai est le distingué et que cest la marque qui distingue. Or, justement de sentendre à lencontre de toute possibilité dexpérience, le respect implique davance la récusation de tout savoir dont son objet pourrait être la source, et qui compterait à sa place. Il ny a par conséquent pas de différence entre rappeler que le respect sentend à lencontre de léventualité de lexpérience et rappeler que la marque sentend à lencontre du signe. Beaucoup des apories qui sont liées à la notion de lautorité proviennent de la confusion de la marque et du signe, et je vais mefforcer aujourdhui de progresser dans lintelligence de la notion dautorité en utilisant cette voie.
Lobjet du respect est le vrai, dont je répète souvent quil nest pas un réel dune espèce particulière. La distinction du vrai tient à son autorité : le vrai, cest le réel, à ceci près quil est autorisé et, selon ce que jai appelé la réversibilité de la marque ou encore du respect (les gens respectueux inspirent du respect), fait autorité. Mais bien sûr lautorité (par opposition au pouvoir ou à la puissance) nest pas quelque chose dont on puisse donner une aperception objective, au sens où il suffirait den prendre une certaine quantité pour que du réel devienne du vrai. Cest toujours de distinction quil sagit : les gens distingués, ils font autorité ; et inversement toute personne qui fait autorité dans un domaine sera qualifiée de « distinguée » (par exemple un helléniste distingué).
Si la question de la distinction (cest-à-dire de la vérité) est la même que celle de lautorité, cela signifie quil est impossible au vrai dêtre effectivement vrai. Il est originellement exclu quon puisse jamais être assuré du vrai, alors même quon peut le définir comme ce dont lêtre est assuré (« être vraiment »). Quelque circonstance triviale peut tout à fait abolir cette assurance. Par exemple des moyens objectifs (radiographie, etc.) font apercevoir que tel tableau quon avait toujours pensé de la main même de Rembrandt est en réalité dun de ses élèves : instantanément, il cesse dêtre une uvre et toute la pratique sociale en tirera les conséquences (il sera ôté du musée où il se trouvait, sa valeur marchande seffondre et devient commensurable à celle des biens ordinaires, etc.) preuve, soit dit en passant, que tout le monde admet que la réalité dune chose na rien à voir avec sa vérité dont par ailleurs elle ne diffère pas (puisque par ailleurs le tableau est bien toujours le même). Ainsi la vérité perdue nest pas autre chose que la réalité conservée, justement parce quil ny a pas une différence entre le vrai et le faux (exemple paradigmatique de la copie parfaite).
Or cette distinction à son tour ne peut pas être une réalité positive. Que signifie par exemple quun tableau soit du génie de Rembrandt ? Dun point de vue objectif, absolument rien : on peut seulement établir quune oeuvre exprime lidiosyncrasie de son auteur, comme nimporte quoi le fait à propos de nimporte qui, et non pas quelle est une oeuvre. La signification exclusivement éthique de la notion du génie, et par conséquent de la notion duvre qui est en est lenvers objectif (le créateur na pas cédé sur le fait quil était lui-même, alors que le meilleur de ses élèves a cédé, puisquil a peint à la manière de son maître et parfois mieux, avec plus de sûreté et de justesse, comme en attestent plusieurs exemples illustres) interdit quelles puissent jamais donner lieu à un établissement, de sorte que la réalité du vrai concernera seulement les conditions de sa vérité, mais pas cette vérité elle-même qui nest littéralement rien (il sagit dabord que le tableau soit réellement de Rembrandt).
La mention du rien, vous le savez, renvoie toujours à la question originelle de la métaphysique, et donc, à la question de lorigine comme lieu de lalternative entre quelque chose et rien (la cause ou le fondement sont toujours déjà du côté de quelque chose). Dire que la vérité nest rien dautre que la réalité, cest par conséquent la définir par lorigine, dont toute la réalité apparaît à la réflexion comme les conditions puisquil faut bien quil y ait une réalité pour quelle ne compte pas.
Il sagit de ce paradoxe dans le respect : celui qui nous inspire ce sentiment (par opposition à ladmiration ou à lestime morale), il ne le fait quà nous avoir fait reconnaître les conditions de la vérité, dont réflexivement nous dirons que la vérité les a commandés. Voilà en quoi le respect est un sentiment cest-à-dire une réflexion : dans la décision quon prend sans le savoir de reconnaître les conditions de la vérité comme telles. Jinsiste sur lidée de décision qui renvoie à la notion dacte et donc au sujet de léthique, par opposition au choix qui renvoie uniquement au savoir et au sujet anonyme dont celui-ci est linstitution.
Mais bien sûr on peut prendre la décision inverse : il y a des gens, les triviaux qui ont décidé de toujours nier la distinction de ce qui compte relativement à ce qui importe, qui ne respectent rien cest-à-dire qui naperçoivent rien de respectable (peut-être cette notion des triviaux est-elle purement idéale : dans la réalité, un épicier, un notaire ou un chef de bureau respectent largent, la domination, la position sociale ou lidée dorganisation, par exemple).
Non pas surtout que le vrai soit lobjet dune constitution. Jai déjà indiqué ce paradoxe de la distinction en disant quon ne distingue jamais que ce qui se distingue, de sorte quil est absurde den faire une constitution : cest la marque qui décide ; car sinon pourquoi distinguerait-on ceci plutôt que cela ? Je ne reviens pas là-dessus, mais jindique seulement que toutes les difficultés quon peut rencontrer à ce sujet viennent de ce quon confond la marque et le signe : puisquon ne trouve pas de signe du vrai qui motiverait sa reconnaissance et donc son respect, on en déduit que le respect (la distinction actuelle) est une constitution Mais lautorité ne se signifie pas : elle se marque !
Cest de cette méconnaissance de lautorité (précisément : elle est ce qui se marque) que procèdent les apories dans lesquelles on senferme habituellement quand on réfléchit sur cette notion (apories quil serait facile de mettre en évidence et de déconstruire chez les plus grands auteurs mais tout le monde peut samuser à le faire, maintenant que jai donné la clé).
En passant jindique lorigine de la confusion du signe et de la marque, qui interdit habituellement de penser lautorité : cest le statut réflexif du signe relativement à la marque. Je donne juste un exemple qui, jespère, alimentera vos réflexions. Le jeune de banlieue veut des chaussures « de marque » : si ses parents lui offrent des chaussures très belles et très confortables mais dépourvues de ce qui compte à ses yeux, il les jette rageusement : « ce ne sont pas des vraies ! » ; et il est indubitable quil éprouvera du respect pour ses chaussures (il en prendra un soin particulier) si elles portent la griffe de tel ou tel fabricant. Mais il y a un second niveau, qui na plus rien à voir avec la question de la vérité : dans son milieu social, le port des chaussures de cette marque est un signe dappartenance à telle ou telle bande, à telle ou telle cité. Les chaussures posent la question de la vérité, et le port des chaussures pose la question de lappartenance marque, signe. Voilà ce quil ne faut pas confondre.
Que lautorité, donc, relève de la marque et non pas du signe, cest ce qui implique la nécessité réflexive (donc inséparable de lhorizon du signe) de déprécier le respectable. Jemploie à dessein lidée de prix, alors que la question du respect renvoie au contraire à la dignité. Mais justement : il est impossible de ne pas passer de la dignité (qui impressionne, ce qui renvoie à la sensibilité donc au procès de sensibilisation par ce qui marque) au prix (quon évalue, ce qui renvoie à lactivité de lentendement) quand on aborde la dimension réflexive. Cest ainsi quon va définir la dignité de manière philosophiquement absurde (mais structurellement nécessaire) en la considérant comme un prix « infini ».
Je le dis autrement : dun point de vue réflexif, il est impossible de considérer que ce que nous respectons soit réellement respectable. Il lest vraiment, oui, au-delà de toute éventualité réflexive, mais jamais totalement. Cest un des paradoxes principaux du respect, et par conséquent de lautorité, que jindique là, et dont vous allez tout de suite apercevoir la portée quand je vous aurai fait remarquer quà la réflexion, toute autorité est une sorte de puissance (par exemple on en fait une capacité dinfluencer sans avoir recourir à la force une puissance morale ou sociale). Or la notion dautorité na précisément de sens quà lencontre de celle de la puissance ! Jespère que vous apercevez ainsi le caractère crucial de la distinction que je vous propose du signe et de la marque, en même temps que lexclusivité qui y est impliquée de la réflexion et de la vérité.
Concrètement, cela veut dire quil est impossible pour le respectable dêtre respectable : il ne lest vraiment quà ne pas pouvoir lêtre réellement. Bien sûr, cest à la « servilité » de lexpérience quil faut se rapporter ici, lexpérience où il sagit de passer de la chose au savoir qui compte en elle sinscrivant toujours dans lhorizon du signe. Voici mon argument : sil y avait un caractère du respectable, alors nous pourrions en avoir lexpérience, or le propre de lexpérience est justement de poser que rien nest respectable, puisquon ne peut avoir lexpérience dune chose quà ce quelle ne compte pas (on la jettera dès quon aura extrait delle le savoir qui nous importe).
Le respectable dont nous aurions
lexpérience (une expérience que dès lors il faudrait dire philosophique) ne
serait en rien respectable, parce qualors on désignerait seulement un trivial de
second degré : quelque chose qui peut bien faire illusion quand on le considère
depuis la réalité commune quil transcenderait, mais qui laisserait tomber son
masque une fois quon se serait réflexivement élevé au niveau de réalité
immédiatement supérieur (un niveau supposé éthéré, par opposition au niveau du
sensible commun) : cette réalité méta-physique, en tant que réalité, ne serait pas
respectable parce quaucune vérité ne renverrait cette réalité à la trivialité
des importances. Vous voyez à quelle position je fais allusion : celle qui
considère la philosophie comme un savoir parmi les autres (ainsi dans nombre de
colloques, il y a des « philosophes » qui prennent place à côté
déconomistes ou de sociologues, dans un louable souci
d« interdisciplinarité »), position desclave pour laquelle il
ny a que des domaines dimportance (la philosophie est implicitement rangée
dans les sciences humaines). A quoi joppose, fort banalement puisque cest la
position de tous les philosophes depuis toujours, la définition de la philosophie comme
savoir de ce qui compte, autrement dit comme savoir de ce dont le savoir ne compte pas
(doù la problématique des « natures » et du nom, bref du génie, que
jai développée lannée dernière). Et pour notre question, cette
impossibilité de considérer quil y a un domaine du philosophique à côté des
autres domaines se traduit par limpossibilité de principe que le respectable (un
objet philosophique, assurément) soit respectable. Je le dis autrement : rien
ne saurait être respectable sans être divisé par limpossibilité de lêtre.
A mon avis, cest cette
nécessité, inséparable aussi de limpossibilité que la philosophie est pour
elle-même, quil faut nommer autorité.
La notion de lexpérience, la plus servile de toutes, soppose à celle du respect, et cest depuis cette opposition quil faut penser limpossibilité que le respectable est constitutivement pour lui-même, laquelle impossibilité est donc faut lautorité (cest comme impossible à lui-même quil impose le respect).
Lautorité est ce dont lexpérience est impossible, parce que le sujet de lexpérience, servile, ne peut jamais se plier que devant une puissance. Hannah Arendt remarque en effet que lautorité conserve la liberté en obtenant lobéissance. Sil y a de la liberté, le serf (le sujet de lexpérience celui pour qui rien ne compte : ni lui qui sest toujours déjà identifié à nimporte qui, ni les choses quil jette quand elles ont livré le savoir qui les habitait) ne peut pas être là ; or il est là uniquement quand il sagit de se soumettre (à la semblance de soi-même, au savoir impliqué dans les choses) ; par conséquent ce dont lexpérience est possible est seulement la puissance ou plus exactement la domination (laquelle est la puissance subjectivement entendue), et jamais lautorité.
Cette argumentation est très importante, mais elle ne fait que développer la distinction de la marque et du signe.
Il faut bien entendre que cette division est interne au respect lui-même (et donc, objectivement, au respectable), puisque le respect, encore une fois, concerne un distingué et non un différent. Lopposition de la distinction et de la différence, je la traduis par la nécessité pour le respectable de comprendre en lui-même la nécessité de lexpérience autrement dit du servile, bref de sa propre impossibilité en gardant toujours présente à lesprit la définition de lesclave comme lindividu pour qui rien ni personne ne compte.
Doù ce paradoxe : là où le respect ne comprend pas la raison de ne pas respecter, il ny a tout simplement pas de respect.
Ainsi on ne peut respecter lhumanité quà préalablement reconnaître la médiocrité de la plupart des hommes telle quon peut la constater dabord en soi-même. Quon refuse ce moment de réalité et on parlera seulement dune espèce divine ou angélique, dont on pourra éventuellement admettre lexistence (auquel cas cette existence ne comptera pas : cest langélisme qui comptera), mais en tout cas quon ne pourra pas respecter (puisque justement elle ne comptera pas) : on aura seulement lidée de son existence métaphysiquement supérieure au reste de la nature, donnant lieu à quelque anthropologie théologique. Cette démarche sera donc une servilité, au sens de la « crainte servile », dont la notion est corrélative de celle du sublime comme état (notre intérêt bien compris serait de nous tenir dans la région sublime). Or létat de sublimité, cest le paradigme de limposture ! Seul le trivial en tant que tel (ce quil est impossible de respecter) peut ne pas compter et par là, justement de ne pas compter, être vrai (donc être non trivial et susciter le respect). Ainsi un homme dans la misère inspire-t-il nécessairement du respect, ce qui nest pas le cas dun intellectuel dont on pourrait au contraire simaginer quil le suscite toujours, de vivre dans les régions éthérées des idées. Dans lordre des idées, ce nest pas lintellectuel qui suscite le respect (au contraire : il est installé dans ses privilèges, bien plus réels que ceux que convoient les épiciers et les notaires), cest le penseur : certes tout penseur est un intellectuel, mais précisément : cette réalité ne compte pas, en lui.
Le refus de ramener la distinction à une sorte de différence ou, si lon préfère, le refus de confondre la marque avec le signe, se traduit donc par limpossibilité de considérer positivement le respectable : il ne lest, précisément, quà ce quil ny ait rien à respecter en lui (la misère, par exemple, na rien de respectable et il faut tout faire pour en débarrasser le monde)! Quil y ait positivement quelque chose à respecter, et lon parlera destime morale, mais pas de respect. Quil y ait tout à respecter, et lon est dans limposture : cest dun maître quil sagira alors, autrement dit dun esclave qui aura réussi, qui se sera totalement accompli comme esclave (figure qui ninspire assurément pas le respect).
La division interne au respectable, dès lors quelle permet de dire quil ny a rien à respecter dans ce quon a raison de respecter, cest bien sûr lexpérience qui permet de la reconnaître : chacun peut faire à chaque instant lexpérience de la médiocrité humaine (on peut même considérer cela comme une expérience pure, puisque lacte réflexif consiste à sinstituer éthiquement comme étant nimporte qui), et cest à sappuyer sur cet indéniable savoir quon pourra reconnaître quil ne compte pas, parce que le savoir nest pas la vérité. La médiocrité humaine nest pas la vérité de lhumain, bien quon puisse à la limite imaginer quelle en soit la seule réalité (au sens où Kant envisage quaucun acte moral ait pu navoir été accompli depuis le début du monde). Le savoir du respectable est par conséquent le savoir de sa trivialité, précisément comme savoir, cest-à-dire comme asservi à ce qui ne compte pas mais dont on peut avoir lexpérience. Le modèle en est bien entendu la misère dont je viens de parler, mais aussi (autre figure de la misère) le point de vue dit du valet de chambre, dont Hegel dit quil atteste seulement que son sujet est un valet de chambre mais dont il faut, à mon avis, reconnaître la légitimité : cest précisément de ce que leur réalité permet ce point de vue que certains hommes, pour cela distingués deux-mêmes (et ce quils sont en réalité, cest bien ce que voit leur valet de chambre), inspirent du respect. Comment la distinction serait-elle donc pensable, en dehors de la trivialité ? Cest le trivial qui est le sublime, précisément parce quil ne compte pas lui qui est tout. Cest dans sa misère autant que dans sa pensée que lhumanité est grande.
Ainsi luvre, répété-je, est épuisée dexprimer son celui qui la produite : son inconscient, son fantasme, sa position dans le champ du savoir, sy lisent à livre ouvert. Les idées philosophiques rendent ce truisme particulièrement évident (à mon petit niveau, jai fourni moi-même quelques pistes bien épaisses aux chiens qui ne sont certes pas ceux de la vérité). Comment pourrait-il en être autrement ? Et comment cette trivialité pourrait-elle ne pas épuiser ce qui est en cause ? Mais la vérité, cest précisément (et uniquement !) que cela ne compte pas. Cest seulement quand on a tout expliqué par linconscient et par la place sociale quenfin la fausseté éthique den rester là simpose.
Le critère du vrai, réflexivement, cest cela : quil soit éthiquement faux (par opposition à scientifiquement faux) de se satisfaire du savoir qui rend totalement compte de la réalité considérée, parce quon aura alors décidé de confondre la réalité que le savoir aura établie, avec la vérité dont le vrai lui-même aura toujours déjà décidé. La fausseté éthique, cest lacte de dépossession, autrement dit le non respect, dont limplication est la confusion de la vérité et du savoir. Le critère du vrai, quand on en pose la question en termes subjectifs, cest donc le respect, comme leur distinction. Mais je ne fais là que réitérer la distinction du signe et de la marque.
Je termine donc la séance daujourdhui en définissant lautorité comme limpossibilité éthique quil y ait jamais une expérience du vrai, en tant quelle est posée comme telle : lautorité, quand on en donne ainsi une définition négative et subjective, cest tout simplement quon ne daigne pas : ni limposture du sublime, ni la servilité du savoir. Et cette position, cest une marque notion qui permet dassumer la dimension positive de la vérité. Jen reviens à ma formule du début : lautorité ne se signifie pas, elle se marque.
Je vous remercie de votre attention.
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